Une vaste opération de police a permis de démanteler les derniers points de vente de drogue dans le quartier du Tonkin à Villeurbanne, mais les autorités restent prudentes face à la fragilité de la situation. L’intervention, menée du 6 au 8 octobre, s’inscrit dans le cadre d’un plan “ville-sécurité renforcée” et a abouti à l’arrestation de 29 suspects.
La préfète du Rhône, Fabienne Buccio, s’est rendue vendredi 10 octobre dans le quartier pour constater les résultats de l’opération et rencontrer les habitants et les forces de l’ordre. Elle a annoncé le démantèlement des deux derniers points de deal identifiés dans le secteur, tout en soulignant la nécessité de ne pas céder à l’euphorie. « On ne crie pas victoire aujourd’hui », a-t-elle déclaré, insistant sur le caractère fragile des acquis.
Selon Nelson Bouart, directeur interdépartemental de la police nationale, les personnes impliquées dans le trafic sont principalement originaires de la région et s’appuient sur un réseau criminel local. Les intermédiaires sont souvent recrutés dans les environs, mais aussi au-delà. L’opération a également permis de révéler des infractions connexes, avec le lancement de huit procédures d’expulsion de locataires et la fermeture de 130 commerces depuis le début de l’année pour divers motifs.
Au total, près de 2 163 personnes ont été contrôlées par les forces de l’ordre et les agents des transports en commun. Outre les 29 interpellations pour trafic de stupéfiants, rébellion, blanchiment d’argent et non-respect d’un contrôle judiciaire, 134 infractions ont été relevées, allant du port d’arme aux délits routiers en passant par les troubles à l’ordre public. Plus de 9 700 euros en numéraire et des stupéfiants ont également été saisis.
Le maire de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, a salué l’engagement des forces de l’ordre, mais a également souligné la persistance du problème du trafic de drogue dans la commune. « Il reste plusieurs endroits de deal à Villeurbanne, nous avons besoin de moyens à hauteur de la population (163 000 habitants) », a-t-il déclaré.
Michel, un habitant du quartier depuis 43 ans, se montre prudent : « Globalement on va dans la bonne direction mais il ne faut pas croire qu’on va dans l’éradication du trafic. L’évolution est positive, on a moins de présence de trafic de drogue et les dealers sont moins conquérants sur l’espace public. L’enjeu maintenant, c’est que le trafic se fasse de la manière la plus discrète possible et de laisser en dehors les enfants. »
Fabienne Buccio a conclu en appelant à l’humilité et à la vigilance : « Nous avons conscience que cela est fragile. Il faut faire preuve d’humilité. » L’objectif principal reste de rétablir un climat de confiance entre les habitants et les forces de l’ordre.
