Publié le 2023-11-21 10:30:00. Une femme londonienne a révélé son soulagement face au décès de sa mère, après des années de maltraitance psychologique et physique, un témoignage qui illustre un phénomène croissant de rupture familiale pour préserver sa santé mentale.
- Katrina Collier a ressenti un soulagement immédiat après avoir appris le décès de sa mère, survenu suite à une hémorragie cérébrale.
- Elle décrit une enfance et une vie adulte marquées par la violence émotionnelle et physique, ainsi que par le contrôle exercé par sa mère.
- Un nombre grandissant de personnes, notamment les générations Z et millennials, choisissent de couper les ponts avec leurs parents pour se protéger.
Katrina Collier, une Londonienne de 54 ans, a avoué un sentiment inhabituel et tabou : le soulagement. Le mois dernier, après l’annonce du décès de sa mère, âgée de 87 ans, elle n’a pas ressenti de chagrin, mais une libération. Une réaction qu’elle explique par des décennies de maltraitance et de violence.
« Quand le téléphone a sonné au milieu de la nuit, je savais avant de répondre qui appelait et ce qu’il allait dire », confie-t-elle. L’annonce du décès, suite à une hémorragie cérébrale, n’a suscité en elle qu’un sentiment de calme et même de joie. « Je me suis retournée et je me suis rendormie », raconte-t-elle.
Selon Katrina Collier, sa mère l’a systématiquement rabaissée, battue et blessée par ses paroles. Elle décrit une relation toxique où la peur était omniprésente. En 2022, lors de leur dernière communication, sa mère lui avait écrit : « Je ne veux pas te voir. Tu ne représentes rien pour moi. »
Cette rupture, intervenue il y a dix ans, alors qu’elle avait 44 ans, a été une étape cruciale. « Sa mort a changé quelque chose en moi : je me sentais plus légère en sachant que je n’entendrais plus jamais un mot dommageable sortir de sa bouche », explique-t-elle.
Le cas de Katrina Collier n’est pas isolé. L’association Stand Alone, qui soutient les personnes coupées de leur famille, estime qu’un individu sur cinq est concerné par une forme de séparation familiale. Un phénomène en augmentation, particulièrement chez les jeunes générations, qui privilégient de plus en plus leur bien-être mental.
L’histoire de Katrina Collier remonte à son enfance en Australie. Dès l’âge de trois ans, elle a subi des violences physiques pour des raisons futiles. Elle se souvient d’une scène particulièrement traumatisante : « À l’âge de trois ans, j’ai piqué une crise de colère à l’idée de quitter l’école maternelle. Mais quand nous sommes rentrés à la maison, ma mère était tellement en colère qu’elle m’a furieusement battu avec ses mains. Elle m’a même dit : « Maintenant, je sais comment un parent peut tuer un enfant. »
Ces paroles, qu’elle avait fini par oublier, lui ont été rappelées plus tard par sa mère, sans le moindre remords. Elle décrit sa mère comme une personne narcissique, incapable d’empathie et de reconnaissance de ses propres actes. « Elle se souvenait avec désinvolture des abus qu’elle m’avait infligés », témoigne-t-elle.
Son père, professeur d’université, était souvent absent et n’a pas su la protéger. Il se contentait de dire : « Vous ne pouvez pas changer votre mère. » Cette passivité a contribué à maintenir la situation de violence.
Katrina Collier a décidé de ne pas avoir d’enfants, de peur de reproduire le schéma de maltraitance qu’elle a elle-même subi. Elle a écrit un livre, The Damage Of Words: A Memoir Of Healing Self-Hate And Gaining Self-Mastery (10,99 £), dans lequel elle raconte son parcours de guérison et de reconstruction personnelle.
« J’avais déjà pleuré la quarantaine à cause de la mère que je n’avais jamais eue et maintenant, je refuse de regretter le fait que je suis heureuse qu’elle soit partie pour de bon », conclut-elle. Son témoignage, bien que personnel, résonne avec de nombreuses personnes qui ont choisi de se libérer du poids d’une famille toxique.
