Publié le 2025-11-26 05:14:00. Face à une offre immobilière restreinte, de nombreux propriétaires irlandais envisagent des travaux de rénovation. Pourtant, avant de recourir à un prêt complémentaire auprès de leur banque actuelle, il pourrait être judicieux d’explorer les offres du marché pour bénéficier de taux d’intérêt plus avantageux.
- Le nombre de logements mis en vente en Irlande est historiquement bas, poussant les familles à rester chez elles et à investir dans l’amélioration de leur habitat.
- Les demandes de prêts hypothécaires pour l’achat d’un bien immobilier sont au plus bas depuis une décennie, tandis que les prêts complémentaires pour travaux explosent.
- Changer de banque pour financer des rénovations peut permettre d’économiser des sommes considérables sur la durée du prêt, grâce à des taux d’intérêt plus compétitifs.
Avec seulement 13 000 logements disponibles à la vente à l’échelle nationale fin septembre, selon MyHome.ie, le marché immobilier irlandais est confronté à une pénurie criante. Cette situation encourage les familles à privilégier la rénovation plutôt que la recherche d’un nouveau logement, une tendance confirmée par la diminution des prêts hypothécaires accordés aux acquéreurs.
Martina Hennessy, de doddl.ie, souligne que moins d’un prêt hypothécaire sur cinq, soit environ 9 000 dossiers, a été annulé au cours de l’année écoulée en raison d’un changement de projet immobilier. En parallèle, le nombre de prêts complémentaires a augmenté de 13,4 % au troisième trimestre, signe d’un engouement croissant pour les travaux de rénovation. Le montant moyen de ces prêts s’élève désormais à 135 000 €, représentant un endettement supplémentaire important pour les propriétaires.
Si l’idée de jongler avec les devis de constructeurs et les propositions d’aménagement intérieur peut décourager certains de se lancer dans une comparaison des offres de crédit, il s’agit d’une erreur potentiellement coûteuse. Les conséquences d’un mauvais choix de financement peuvent peser lourdement sur le budget familial pendant de nombreuses années.
Selon Martina Hennessy, les propriétaires qui se contentent de leur banque actuelle sans étudier les taux du marché risquent de passer à côté d’économies substantielles.
« Les gens réalisent qu’ils peuvent se refinancer, libérer des fonds pour des rénovations et réduire leurs remboursements d’un seul coup. »
Martina Hennessy, doddl.ie
Le processus de changement de banque n’est pas aussi compliqué qu’il y paraît, mais la crainte des démarches administratives dissuade de nombreux propriétaires, qui ignorent l’ampleur des économies réalisables. Rory Doyle, de Nua Money, explique que la hausse des prix de l’immobilier offre un avantage aux propriétaires actuels :
« Beaucoup d’entre eux bénéficient désormais de ratios prêt/valeur nettement inférieurs à ceux d’il y a quelques années à peine. »
Rory Doyle, Nua Money
Cela signifie que le rapport entre le montant du prêt hypothécaire et la valeur actuelle du bien est plus favorable, ce qui facilite l’obtention de taux d’intérêt plus bas.
Les chiffres de la Fédération irlandaise des banques et des paiements (BPFI) confirment cette tendance, avec une augmentation de 35 % du volume des prêts hypothécaires réhypothéqués et transférés au troisième trimestre de l’année. Les emprunteurs irlandais sont donc de plus en plus proactifs dans leur recherche des meilleures offres.
Pour illustrer les économies potentielles, Martina Hennessy prend l’exemple d’un emprunteur qui souhaite financer des travaux à hauteur de 50 000 € en augmentant son prêt hypothécaire à 300 000 €. En optant pour le taux variable le plus bas disponible, à 3,09 %, au lieu du taux de 4,5 % proposé par une banque traditionnelle, il pourrait économiser 91 440 € sur une durée de prêt de 30 ans, une fois son ratio prêt/valeur inférieur à 80 %.
Le processus de demande de prêt complémentaire est similaire, que ce soit auprès de sa banque actuelle ou d’un nouvel établissement, explique Sean Corbett, de SYS Mortgages. Cependant, il est important de prendre en compte les frais juridiques liés au changement de banque, qui peuvent s’élever à environ 1 500 €, mais qui sont généralement compensés par les économies réalisées sur le taux d’intérêt.
Un nouveau prêteur exigera des justificatifs de revenus plus complets, tels que six mois de relevés de compte courant et d’épargne, le détail des éventuels prêts, des fiches de salaire ou un justificatif de revenus pour les travailleurs indépendants. Il est également possible de bénéficier d’un taux hypothécaire « vert » inférieur en présentant une déclaration d’un ingénieur attestant d’une amélioration de la performance énergétique du logement après les travaux.
Dans certains cas, il peut être plus judicieux de rester fidèle à sa banque actuelle, notamment si l’emprunteur est encore engagé dans une période de taux fixe. Il est alors important de demander à sa banque une estimation des pénalités de résiliation. Il est également possible de compléter son prêt hypothécaire existant avec un nouveau prêt au taux en vigueur, en conservant le taux fixe pour la partie initiale du prêt.
Pour les petites rénovations, un prêt personnel peut être une alternative intéressante, avec un montant minimum de 10 000 à 25 000 €. Le programme de prêt pour la mise à niveau énergétique domestique, soutenu par le gouvernement, propose également des tarifs compétitifs.
Enfin, il est crucial d’agir rapidement, car la Banque centrale européenne laisse entrevoir une possible hausse des taux d’intérêt. Les propriétaires devraient donc profiter de la situation actuelle, caractérisée par des ratios prêt/valeur favorables, pour obtenir les meilleures conditions de financement avant que les taux ne remontent.
