Publié le 18 décembre 2025 00:05:00. Des chercheurs brésiliens et allemands ont découvert un nouveau sous-genre de coronavirus chez des chauves-souris du nord-est du Brésil, élargissant ainsi notre compréhension de la diversité virale dans la région néotropicale. Cette découverte souligne l’importance d’une surveillance continue des virus portés par les chauves-souris.
- Un nouveau sous-genre de bêtacoronavirus, appelé ambecovirus, a été identifié.
- L’étude a permis de séquencer deux génomes complets et plusieurs génomes partiels du virus.
- Les chercheurs insistent sur le fait que cette découverte ne doit pas susciter de panique, mais plutôt encourager une exploration systématique du virome des chauves-souris.
Une équipe de scientifiques brésiliens et allemands a mis en évidence l’existence d’un nouveau groupe de coronavirus, baptisé ambecovirus (bêtacoronavirus américain), chez des chauves-souris sauvages. Cette découverte, publiée dans la revue Virus Evolution, ouvre une nouvelle fenêtre sur la diversité des coronavirus et leur répartition géographique.
L’analyse a porté sur des échantillons prélevés sur des chauves-souris du nord-est du Brésil. Sur les animaux étudiés, 19 se sont avérés positifs à l’ambecovirus. Les chercheurs ont pu obtenir et séquencer intégralement le génome de deux souches virales, ainsi que des séquences partielles d’autres souches. Cette avancée est rendue possible grâce à des techniques de métatranscriptomique, qui permettent de caractériser l’ensemble des génomes viraux présents dans un échantillon, même ceux qui étaient jusqu’alors inconnus.
« Cette découverte n’est pas une raison de paniquer », a déclaré Gabriel Wallau, chercheur à Fiocruz Pernambuco et co-directeur de l’étude. « Elle montre que la diversité virale des hôtes de la région néotropicale de la planète, du Mexique au nord de l’Argentine, reste largement inconnue. Cela souligne la nécessité d’une approche systématique de l’exploration et de l’analyse du virome de chauve-souris. »
L’étude a été menée en collaboration entre des experts de plusieurs disciplines, notamment la virologie, l’entomologie et la bioinformatique, issus de la Fundação Oswaldo Cruz (Fiocruz) de Pernambuco et de l’Université fédérale de Pernambuco. Leur travail a été complété par l’expertise de l’Institut Bernhard Nocht de médecine tropicale, en Allemagne.
Selon Gabriel Wallau, il est crucial de déterminer si ces virus peuvent se transmettre des animaux aux humains. « Une étape fondamentale consiste à analyser le potentiel de transmission entre les animaux et les humains, et cela se fait à la suite de tests in vitro. La pandémie de Covid-19 a renforcé la nécessité du type d’étude que nous avons réalisé. »
