Publié le 31 décembre 2023. À Pematangsiantar, en Indonésie, un mode de transport unique, le “becak siantar” – un pousse-pousse motorisé – lutte pour sa survie face à la modernisation et à l’évolution des habitudes de déplacement, tout en attirant l’attention des touristes.
- Le nombre de “becak siantar” a considérablement diminué, passant d’environ 1 000 à moins de 100 véhicules en activité.
- Ces véhicules motorisés, souvent équipés de moteurs anciens datant des années 1940 et 1950, sont un symbole de l’identité urbaine de Pematangsiantar.
- Le tourisme, notamment en direction du lac Toba voisin, offre une lueur d’espoir pour la pérennité de ce mode de transport traditionnel.
Dans les rues de Pematangsiantar, une ville située à environ 130 km de Medan, la capitale de la province de Sumatra du Nord, le vrombissement caractéristique d’un moteur de moto d’époque se fait entendre au milieu du trafic. Il s’agit du “becak siantar”, un pousse-pousse motorisé reconnaissable entre mille, avec sa cabine passagers latérale. Ce véhicule à trois roues, profondément ancré dans l’identité de la ville, est l’un des derniers exemples de son genre en Indonésie.
Contrairement aux pousse-pousse à pédales encore visibles dans d’autres régions du pays, le “becak siantar” est propulsé par des motos modifiées, dont certaines datent des années 1940 et 1950. Ces véhicules, entretenus avec soin par leurs propriétaires, ne sont pas seulement un moyen de transport public, mais aussi une véritable icône culturelle.
« Pour nous, ce n’est pas seulement un travail, c’est notre identité. Les gens reconnaissent Pematangsiantar grâce au becak siantar. »
Junaidi, chauffeur de becak siantar
L’histoire du “becak siantar” remonte au milieu du XXe siècle, lorsque les motos ont commencé à remplacer les pousse-pousse traditionnels. Les mécaniciens locaux ont alors eu l’idée de modifier ces motos pour transporter des passagers, adaptant les conceptions aux rues étroites et aux zones commerçantes animées de la ville. Au fil du temps, ces véhicules modifiés ont acquis des caractéristiques distinctives et sont devenus un mode de transport pratique et largement accepté.
Dans les années 1990, le nombre de “becak siantar” a atteint son apogée, avec près de 1 000 véhicules sillonnant les rues de Pematangsiantar. Mais aujourd’hui, leur nombre a considérablement diminué, en raison de l’évolution des préférences en matière de transport, de la popularité croissante des services de covoiturage et de l’utilisation accrue des motos privées, en particulier chez les jeunes. La hausse des prix du carburant et des coûts d’entretien pèse également sur les revenus des chauffeurs.
Les réglementations routières plus strictes et les exigences de sécurité constituent un autre défi, certains véhicules plus anciens ayant du mal à se conformer aux normes actuelles. Cependant, le tourisme offre une nouvelle perspective. Les visiteurs se rendant au lac Toba, une destination touristique populaire, font souvent une halte à Pematangsiantar et choisissent de se déplacer en “becak siantar” pour découvrir la ville à un rythme plus lent.
« Tant qu’il y aura des passagers, nous continuerons à opérer. »
Junaidi, chauffeur de becak siantar
Alors que les villes indonésiennes se modernisent, le “becak siantar” témoigne de la capacité des modes de transport traditionnels à s’adapter, à survivre et à coexister avec la vie urbaine moderne.

