Publié le 5 janvier 2026. Caja Ica envisage une stratégie de croissance externe par acquisition et observe une tendance à la consolidation dans le secteur des caisses d’épargne municipales, tandis que l’utilisation des Comptes CTS (Caisses d’épargne pour le travail) évolue vers un simple produit d’épargne.
- Caja Ica étudie l’acquisition d’une autre institution financière, avec une liste restreinte de quatre à cinq cibles potentielles.
- Les exigences financières pour les caisses municipales vont s’intensifier avec la mise en œuvre de Bâle III, favorisant les fusions.
- L’utilisation des Comptes CTS diminue, avec une part importante des fonds retirés rapidement après leur versement.
Walter Leyva, directeur commercial central de Caja Ica, a révélé que l’institution explore activement la possibilité d’une croissance inorganique, c’est-à-dire par le rachat d’une autre entité financière. Cette stratégie s’inscrit dans le cadre de son plan stratégique à long terme.
Selon M. Leyva, une liste d’environ quatre à cinq institutions potentielles est actuellement en cours d’évaluation. Il a souligné que le marché financier péruvien est en mutation et que certaines entités sont plus vulnérables que d’autres. « Il existe déjà sur le marché certaines entités qui sont faibles, plus vulnérables. Et cela va entraîner des fusions plus fréquentes », a-t-il déclaré à Gestion.
Cette tendance à la consolidation est également alimentée par l’imminente application des règles de Bâle III, qui vont renforcer les exigences en matière d’indicateurs financiers pour les caisses municipales. Les institutions devront ainsi constituer des provisions plus importantes, ce qui nécessitera un renforcement de leurs fonds propres.
Parallèlement, Caja Ica constate un changement significatif dans l’utilisation des Comptes CTS (Caisses d’épargne pour le travail). Selon M. Leyva, 30 % de ses clients détiennent des soldes « minimum », c’est-à-dire inférieurs à 100 soles péruviennes (S/). Il estime que le CTS est en train de perdre sa fonction première d’assurance chômage pour devenir un simple produit d’épargne.
« Environ 40 % retirent pratiquement tout (l’argent versé par l’employeur) le premier mois (à partir du moment où ils le reçoivent) et laissent une petite somme. Ensuite, les départs sont plus progressifs. Et cela se produit dans tout le système financier. »
Walter Leyva, directeur commercial central de Caja Ica
En novembre 2025, Caja Ica a enregistré un versement de 13 millions de soles pour les Comptes CTS, dont près de la moitié, soit 5,7 millions de soles, a déjà été retirée.
Caja Ica continue d’investir dans sa plateforme numérique. L’application Caja Ica permet actuellement d’effectuer des virements, des paiements de crédits, d’ouvrir un compte, de réaliser des opérations de change, de demander des prêts et de payer des cartes de tiers et des services. Dès cette année, la banque prévoit de mettre en place un « score automatisé » pour accélérer l’évaluation des demandes de prêt et déterminer les conditions d’octroi.
L’institution souhaite également développer la vente de micro-assurances via son application, ainsi que son programme d’avantages et sa carte de débit Visa. « Nous avons des réductions sur les services de restauration, de beauté, de transport, sur tout ce qui concerne l’hôtellerie… dans tout cela, ils (les clients) sont récompensés pour la plus grande utilisation de la carte et du moyen numérique de la caisse enregistreuse », a précisé M. Leyva.
L’application Caja Ica compte actuellement 48 % de millennials et 8 % de « baby-boomers » (personnes de plus de 60 ans) parmi ses utilisateurs.
En 2026, Caja Ica prévoit de lancer un compte d’épargne spécifiquement destiné aux personnes âgées. De plus, le solde du compte pour adolescents, lancé en 2025, devrait doubler pour atteindre 10 millions de soles d’ici la fin de l’année.
