Publié le 8 décembre 2025 07:26. La première de la saison à la Scala de Milan s’est déroulée dans une atmosphère plus discrète que les années précédentes, marquée par l’absence de figures politiques de premier plan et une certaine prudence quant au choix du répertoire, en raison des tensions diplomatiques avec la Russie.
- L’absence de personnalités politiques de haut rang, dont le président Mattarella et la Première ministre Meloni, contraste avec les éditions précédentes.
- Le choix de l’opéra « Lady Macbeth » de Chostakovitch suscite des interrogations, certains craignant une possible provocation envers la Russie.
- L’édition 2025 de la première de la Scala met en lumière un public diversifié et un intérêt croissant pour les œuvres modernes.
La soirée d’ouverture de la Scala, traditionnellement un événement mondain et politique majeur, a pris une tournure plus intimiste cette année. Les loges royales, habituellement occupées par les plus hautes autorités de l’État, étaient moins fréquentées. Le gouverneur de Lombardie, Attilio Fontana, a commenté avec philosophie : « Nous nous en remettrons, nous vivons bien même seuls… »
Le maire de Milan, Beppe Sala, a minimisé l’importance de ces absences, affirmant que la Scala conserve son prestige international : « Je ne le pense pas, au contraire, au niveau international, les choses vont de mieux en mieux. » Cependant, l’ombre des relations diplomatiques tendues avec la Russie planait sur la soirée. Le choix de « Lady Macbeth » de Dmitri Chostakovitch, un compositeur que Staline n’appréciait pas, a été perçu par certains comme un geste potentiellement provocateur envers Vladimir Poutine.
Fortunato Ortombina, le nouveau surintendant de la Scala, a tenté de désamorcer les tensions : « Poutine sait aussi que Chostakovitch a une plus grande influence sur le peuple russe que lui. »
Outre les absences notables du président Mattarella et de la Première ministre Giorgia Meloni, le président du Sénat, Ignazio La Russa, était également absent. Roberto D’Agostino, alias Dagospia, a exprimé son espoir de voir une interprétation marquante de « Lady Macbeth » : lire la critique de « Lady Macbeth ».
Dans la loge royale, le sénateur à vie Liliana Segre était présente, aux côtés du président de la Cour constitutionnelle Giovanni Amoroso et du maire Sala. La sous-secrétaire d’État américaine Sara Rogers et la ministre de la Culture Alexandre Giuli figuraient également parmi les invités d’honneur. Barbara Berlusconi, récemment nommée au conseil d’administration du théâtre, a mis en avant « le thème féminin de Lady Macbeth ».
Le public était également diversifié, avec la présence du trio comique Aldo Giovanni et Giacomo, du banquier Giovanni Bazoli et de l’organisateur de mariage Enzo Miccio. La chirurgienne plasticienne Fiorella Donati a observé : « La chirurgie esthétique, si elle est bien faite, ne devrait pas être visible, et c’est le cas ici. »
La soirée a également été marquée par la présence de jeunes stars, comme le chanteur Mahmoud, qui a déclaré : « C’est ma première fois, j’avais peur que trois heures soient longues, mais c’est magnifique. »
