Publié le 15 octobre 2025 04:01:00. L’accord économique annoncé entre l’Argentine et les États-Unis, soutenu par Donald Trump, suscite des critiques en Argentine, notamment de la part d’Elisa Carrió, qui y voit une manœuvre géopolitique visant à établir un “monde des puissants” et une ingérence dans les affaires sud-américaines.
- Elisa Carrió critique l’accord entre l’Argentine et les États-Unis, le qualifiant de “nouvelle affaire” de l’administration républicaine.
- Elle met en garde contre les ambitions géostratégiques des États-Unis en Amérique latine, notamment au Venezuela et au Brésil.
- Carrió prédit une montée en puissance de l’Inde sur la scène internationale dans les trente prochaines années.
Dans le contexte de la visite de Javier Milei aux États-Unis et du soutien affiché par Donald Trump au gouvernement argentin, l’ancienne députée et figure de proue de la Coalition civique, Elisa Carrió, a exprimé ses réserves quant à l’accord négocié par Scott Bessent. Elle le considère comme une opération opaque, typique des intérêts de l’administration républicaine.
Selon Carrió, les États-Unis cherchent à façonner un ordre mondial dominé par les dirigeants les plus puissants, citant notamment Vladimir Poutine comme un allié naturel de Trump.
« L’accord est une autre affaire. Trump aime le pouvoir, c’est pourquoi il est fasciné par Poutine car c’est un parfait psychopathe. Il ne croit pas à la démocratie et souhaite qu’il y ait un monde de personnes puissantes qui seraient les champions du pouvoir. Il s’agit de son ego et de ses affaires. »
Elisa Carrió
Elle souligne que cette vision se traduit par une division du monde en sphères d’influence, avec les États-Unis dominant l’Amérique et la Russie l’Europe.
Carrió a également dénoncé une logique purement transactionnelle dans les relations internationales de Trump. Elle évoque une conversation où l’ancien président américain, après une rencontre avec Poutine, aurait simplement suggéré de “réparer” les drones russes endommagés, tout en continuant à vendre des armes.
« Après la réunion qu’ils ont eue, le président russe a commencé à tirer sur des drones, et l’Américain a dit qu’ils devraient le réparer et qu’il ne vendait que des armes. Des affaires. »
Elisa Carrió
L’ancienne députée s’inquiète particulièrement des ambitions américaines en Amérique latine. Elle accuse Trump de vouloir s’emparer des ressources pétrolières du Venezuela, sans se soucier du régime autoritaire de Nicolás Maduro. Elle met également en garde contre l’influence croissante du Brésil, qu’elle qualifie de “néo-empire” intégrant les BRICS (groupe de pays émergents comprenant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud).
« Il y a un problème en Amérique Latine : Il y a le Brésil, qui est un néo-empire et intègre les BRICS avec la Russie et la Chine. »
Elisa Carrió
Carrió explique que les États-Unis cherchent à sécuriser l’accès à des ressources stratégiques, notamment les terres rares et les sources d’énergie traditionnelles, pour alimenter le développement de l’intelligence artificielle. Elle estime que l’Argentine est actuellement “intervenue” et rappelle un schéma similaire avec la Chine sous le gouvernement de Cristina Kirchner.
« Cela nous est déjà arrivé avec la Chine, sous le gouvernement de Cristina Kirchner. Nous sommes un pays honteux, nous n’en sommes pas dignes. »
Elisa Carrió
Sur le plan géopolitique à long terme, Carrió prédit que l’Inde deviendra la première puissance mondiale dans les trente prochaines années. Elle regrette de ne pas avoir convaincu Mauricio Macri de conclure un accord stratégique avec l’Inde, soulignant le potentiel démographique, technologique et économique de ce pays. Elle précise que l’Inde a besoin des produits argentins, comme le soja, et pourrait en échange importer des matières premières pharmaceutiques, une proposition qui avait rencontré l’opposition des laboratoires.
À l’approche des élections de mi-mandat, Carrió appelle les citoyens à ne pas céder à la peur et à s’intéresser à la politique. Elle relativise l’importance du résultat des élections, estimant que le Congrès restera inchangé. Elle insiste sur la nécessité d’élire des parlementaires compétents et responsables.
« Nous devons élire un groupe sensé de parlementaires, rien de plus. L’ignorance avec le pouvoir est terrible. »
Elisa Carrió
Concernant le gouvernement actuel, Carrió a qualifié Javier Milei d'”expérience passagère, égoïste, cruelle et perverse”. Elle critique l’incapacité de son équipe économique, incarnée par le ministre Caputo, à communiquer efficacement.
« Il y a une équipe économique déchue parce que si celui qui parle est Bessent c’est parce que le ministre ne peut pas le faire. Caputo n’a pas la capacité de parler. Il avait l’air d’un imbécile. »
Elisa Carrió
Elle l’accuse d’avoir échoué à accumuler des réserves et d’être responsable des difficultés économiques actuelles.
Carrió estime que Milei est affaibli et isolé, abandonné par ses alliés opportunistes. Elle conclut en soulignant que le péronisme reste une force dominante en Argentine, quelle que soit l’issue des élections.
« Que les gens ne votent pas par crainte que le kirchnérisme ne gagne, car de toute façon, Le péronisme gagne, et il est partout. »
Elisa Carrió
