De Casablanca à Bangkok, un mécontentement croissant anime une nouvelle vague de protestations menées par la génération Z. Au cœur de ces mouvements, des frustrations communes liées aux inégalités, à la corruption et à la défiance envers les institutions, mais aussi des spécificités locales qui façonnent les revendications.
Le Dr DB Subedi, spécialiste des mouvements sociaux, souligne que les manifestations actuelles au Maroc s’inscrivent dans un contexte plus large de contestation observée en Asie et en Afrique. Si les griefs sont multiples, ils convergent souvent vers un sentiment d’injustice et un manque de perspectives économiques pour les jeunes. Au Maroc, le manque de financement des services publics, notamment les hôpitaux, et les investissements massifs dans des événements internationaux ont servi de catalyseurs.
Cependant, le Dr Subedi nuance en expliquant que ces protestations ne se limitent pas à des revendications nationales. « On observe une méfiance généralisée envers les dirigeants et une érosion de la confiance dans les institutions », explique-t-il. Cette perte de foi s’accompagne d’un sentiment d’exclusion économique, particulièrement prégnant chez les jeunes générations.
Un aspect notable de ces mouvements est leur structure décentralisée et leur utilisation intensive des réseaux sociaux. Ces plateformes ne servent pas seulement à amplifier les voix des manifestants, mais aussi à coordonner les actions sur le terrain. Cette approche, moins hiérarchique que les mouvements sociaux traditionnels, permet une plus grande flexibilité et une capacité d’adaptation rapide.
Malgré le potentiel de changement qu’ils représentent, le Dr Subedi met en garde contre les difficultés inhérentes à la transition de la protestation à la gouvernance. « Le passage de la contestation à la mise en place d’un nouveau système politique est un processus périlleux et dont l’issue reste incertaine », conclut-il.
