Publié le 8 octobre 2025 à 01:45:00. Une fraude à l’assurance automobile de plus en plus sophistiquée, impliquant hôpitaux, courtiers et assureurs, se développe en Corée du Sud, alertant les autorités financières et incitant à la prudence les victimes d’accidents de la route.
- Le montant des fraudes détectées a été multiplié par plus de huit en six mois, atteignant environ 14 milliards de wons (environ 10,2 millions d’euros).
- Trois méthodes principales sont utilisées : fausses hospitalisations, prescriptions inutiles de médicaments coûteux et dissimulation de l’état réel des patients.
- Les participants à ces fraudes s’exposent à des sanctions pénales, même s’ils se présentent comme des victimes.
La fraude à l’assurance automobile ne se limite plus à des cas isolés, mais prend une dimension organisée impliquant des professionnels de la santé et du secteur de l’assurance. Le Service de surveillance financière (SSF) a récemment mis en garde les consommateurs contre cette recrudescence de pratiques frauduleuses, notamment après la découverte de fausses hospitalisations et de prescriptions médicales abusives à l’encontre de personnes impliquées dans des accidents de la route.
Selon le SSF, le montant des fraudes à l’assurance automobile détectées dans les hôpitaux et les cliniques a atteint environ 14 milliards de wons au premier semestre 2025, contre 1,7 milliard de wons à la même période l’année précédente. Cette augmentation spectaculaire témoigne de l’ampleur de la fraude organisée et de sa capacité à exploiter les failles du système.
Les fraudeurs utilisent principalement trois techniques. La première consiste pour un courtier à recommander une hospitalisation inutile à un patient victime d’un accident mineur, en lui assurant qu’il pourra ainsi obtenir une indemnisation plus importante. La seconde repose sur l’incitation, par certains établissements médicaux, à prescrire des médicaments coûteux, comme le Gongjindan et le Gyeongokgo, ou des plantes médicinales inutiles, afin de gonfler les demandes de remboursement auprès des assurances. Enfin, certains patients simulent des hospitalisations prolongées en sortant ou en restant absents sans autorisation, tandis que l’hôpital dissimule cette situation pour continuer à percevoir les paiements de l’assurance.
Un cas concret illustre cette problématique : un agent d’assurance a incité un livreur à se faire hospitaliser de manière frauduleuse. L’hôpital a ensuite dissimulé les absences du patient, faisant croire qu’il avait bénéficié de soins continus pendant une période prolongée, afin de réclamer indûment les remboursements à l’assurance. Des pratiques de corruption ont également été mises au jour, avec des hôpitaux offrant des chèques-cadeaux aux planificateurs d’assurance en échange de l’attraction de nouveaux patients.
Les experts soulignent que ces structures frauduleuses tirent parti de lacunes institutionnelles, telles que la gestion déficiente des hospitalisations, des systèmes de réclamation d’assurance trop centrés sur les hôpitaux et les cliniques, et l’absence de partage d’informations en temps réel entre les victimes, les compagnies d’assurance et les autorités compétentes. Certains établissements continuent de pratiquer des méthodes illégales, comme admettre des patients sans nécessité médicale le week-end ou la nuit, ou prescrire systématiquement les mêmes plantes médicinales à tous les patients.
Le Service de surveillance financière insiste sur le fait que toute participation à une fraude à l’assurance, même involontaire, peut entraîner des sanctions pénales.
« Si vous soupçonnez des recommandations d’hospitalisation abusives ou une manipulation des frais de traitement après un accident de la route, vous devez immédiatement en informer votre compagnie d’assurance ou le Service de surveillance financière. Il est très dangereux de penser que l’on n’est pas responsable parce que l’on a simplement suivi les instructions de l’hôpital. Un choix imprudent peut vous entraîner dans une affaire criminelle grave. »
Responsable du Service de surveillance financière
