La Colombie, ironie du sort, importe le café qu’elle produit en abondance. Une situation paradoxale qui perdure depuis des années et que les autorités semblent incapables de corriger, malgré les recommandations d’experts.
Depuis des décennies, la Colombie, autrefois fière de sa production de café avant l’essor du commerce de la cocaïne, se trouve dans une situation singulière : elle importe le café qu’elle cultive. Selon des informations rapportées par le magazine Semana, même le directeur de la Fédération Nationale des Caféiculteurs le reconnaît implicitement. À l’exception d’une poignée de producteurs spécialisés dans les grains de café dits « spéciaux », ni l’organisation elle-même, ni les gouvernements successifs, n’ont entrepris de sensibiliser les consommateurs à la qualité du produit local, ni de promouvoir sa consommation intérieure.
L’objectif principal reste la vente à prix élevé sur le marché new-yorkais de l’intégralité de la production, complétée par des importations de café provenant du Pérou ou de l’Équateur pour satisfaire la demande nationale, estimée à deux millions de sacs. Cette situation a suscité des réactions, notamment suite aux déclarations de Luis Fernando Bahamón, directeur de la Fédération, qui envisage de suivre l’exemple du Brésil en introduisant le café au lait dans les cantines scolaires, une pratique familière à de nombreux Colombiens durant leur enfance.
Face à cette proposition, Gustavo Álvarez Gardeazábal exprime son scepticisme et son espoir de voir une vaste campagne nationale être lancée pour encourager tous les Colombiens à consommer une tasse de café par jour, doublant ainsi la consommation nationale. Il souligne l’importance d’une éducation précoce au goût du café, dès l’enfance, afin d’éviter les erreurs passées de la Fédération, qui avait créé des « Concentrations Écoles de Café » où les enfants des producteurs apprenaient tellement qu’ils ne souhaitaient plus retourner travailler dans les exploitations familiales, laissant cette tâche aux grands-parents.
L’auteur suggère également la nécessité d’une assurance sur les paquets de café consommés afin de protéger les consommateurs contre les fluctuations de prix. Il insiste sur l’importance d’une approche globale, allant de l’éducation des enfants à la sensibilisation des personnes âgées, pour qui la consommation de trois tasses de café par jour est même recommandée par certains médecins pour des raisons de santé.
