Publié le 11 mars 2025 à 14h30. Des scientifiques ont mis au jour l’air le plus ancien jamais découvert, emprisonné dans la glace antarctique depuis près de six millions d’années. Cette découverte exceptionnelle offre un aperçu inédit du climat terrestre préhistorique et de l’évolution de son atmosphère.
- L’air analysé date d’environ six millions d’années et provient de la région d’Allan Hills en Antarctique.
- Les analyses isotopiques révèlent que les températures en Antarctique étaient 12 °C plus élevées qu’aujourd’hui à cette époque.
- Cette recherche, financée par la National Science Foundation (NSF) américaine, pourrait aider à mieux comprendre les mécanismes du changement climatique passé et à anticiper les évolutions futures.
Une équipe de chercheurs, dirigée par Sarah Shackleton, experte en glaciations de l’Institut océanographique de Woods Hole, a réalisé cette percée en forant à plus de 200 mètres de profondeur dans la glace de la région d’Allan Hills, un des sites les plus extrêmes du continent antarctique. Ils ont ainsi pu extraire des échantillons de glace glaciaire datant du Miocène, une période comprise entre 5,3 et 6 millions d’années.
« Cette carotte de glace est comparable à une machine à remonter le temps, nous permettant d’observer les conditions qui prévalaient sur Terre il y a des millions d’années », a déclaré Sarah Shackleton, citée dans Science Alert. Les analyses des isotopes d’argon et d’oxygène présents dans l’air emprisonné ont révélé que les températures en Antarctique étaient alors environ 12 °C plus élevées qu’aujourd’hui. Ces données suggèrent que le refroidissement progressif menant à l’ère glaciaire s’est produit de manière graduelle, et non par un brusque changement.
Le projet COLDEX, financé par la National Science Foundation (NSF) des États-Unis, a permis d’examiner trois carottes de glace prélevées à différentes profondeurs (150, 159 et 206 mètres) afin de reconstituer les conditions atmosphériques passées, notamment la concentration de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone. Ed Brook, directeur du COLDEX à l’Ohio State University, a confié : « Au départ, nous espérions trouver de la glace vieille de 3 millions d’années, mais nous avons été surpris de constater qu’elle était bien plus ancienne que prévu. »
Les scientifiques considèrent cette découverte comme une étape cruciale dans la compréhension des changements climatiques globaux qui se sont produits naturellement dans le passé, parfois de manière abrupte. Ils espèrent que l’étude de cet air ancien pourra fournir des éléments précieux pour prédire l’évolution du changement climatique actuel, exacerbé par les activités humaines.
Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. Les équipes de recherche prévoient de poursuivre leurs investigations jusqu’en 2031 afin d’approfondir leurs connaissances sur les glaces anciennes et leurs archives climatiques.

