Plus de 1 500 personnes sont désormais poursuivies en justice au Maroc suite aux récentes manifestations organisées par le collectif GenZ 212, qui réclamaient des améliorations dans les domaines de l’éducation et de la santé. Les arrestations massives et les condamnations déjà prononcées suscitent des inquiétudes quant au respect des droits fondamentaux des manifestants.
Selon Souad Brahma, présidente de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), près d’un millier de suspects sont actuellement en détention. Les tribunaux, notamment celui d’Agadir dans le sud du pays, ont déjà rendu 240 verdicts, dont 39 ont abouti à des peines de prison allant de six à quinze ans. D’autres centaines de personnes ont été condamnées à des peines allant de trois mois à un an par d’autres juridictions.
Les accusations portées contre les manifestants sont variées : organisation de rassemblements non autorisés, possession d’armes blanches, dégradations matérielles, et insultes ou violences envers les forces de l’ordre. « Nous exhortons les autorités à garantir des procès équitables à toutes les personnes poursuivies », a déclaré Souad Brahma. L’AMDH demande également « des enquêtes impartiales sur les violations (des droits) survenues lors des manifestations ».
Le mouvement GenZ 212, né sur les réseaux sociaux, avait lancé une série de protestations à la fin du mois dernier pour dénoncer les lacunes des systèmes de santé et d’éducation, ainsi que la corruption. Les premières manifestations, interdites par les autorités, ont été réprimées par la police, entraînant des centaines d’arrestations. Des affrontements violents ont éclaté à Agadir, faisant trois morts, bien que les organisateurs aient affirmé leur attachement à des méthodes de protestation pacifiques.
Pendant deux semaines, les manifestations se sont succédé presque quotidiennement, avant de perdre en intensité et en participation. Un discours du roi du Maroc appelant à des réformes sociales, ainsi que l’annonce d’un projet de budget prévoyant des améliorations dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ont contribué à calmer la situation. Les inégalités sociales, profondes et persistantes au Maroc, notamment entre les régions et entre les secteurs public et privé, constituent le contexte de ces mouvements de contestation.
