Publié le 13 janvier 2024 16:04:00. L’enquête sur la mort de George Nkencho, abattu par la police irlandaise (Garda) en 2020, a repris cette semaine à Dublin, avec des témoignages poignants sur l’agression au couteau qui a précédé la tragédie. Des employés du magasin Eurospar ont décrit une scène de terreur, tandis que la mère de la victime évoque une détérioration progressive de l’état mental de son fils.
- Un gérant adjoint du magasin Eurospar a affirmé avoir été agressé au couteau par George Nkencho avant son intervention par la Garda.
- Plusieurs témoins ont décrit l’état de rage de George Nkencho et sa menace perçue avec une arme blanche.
- La mère de George Nkencho a témoigné des problèmes de santé mentale de son fils, exacerbés après un accident de voiture en 2014.
L’enquête du tribunal du coroner de Dublin sur la mort de George Nkencho (27 ans), décédé le 30 décembre 2020, a officiellement débuté cette semaine après un retard dû aux investigations menées par le médiateur de la Garda, Fiosrú (anciennement GSOC), et le bureau du Directeur des poursuites pénales. L’ouverture de l’enquête, initialement prévue en juin 2021, avait été suspendue en attendant les conclusions de ces enquêtes parallèles.
Wayne Swords, le gérant adjoint d’Eurospar, situé dans le centre commercial Hartstown à l’ouest de Dublin, a relaté son expérience traumatisante devant le tribunal. Dans une déclaration lue en son absence, il a expliqué qu’il avait été violemment agressé par M. Nkencho vers midi le 30 décembre 2020. Il a subi une fracture du nez suite au premier coup de poing, et a ensuite été menacé avec ce qu’il a décrit comme un couteau à steak à dents.
« J’étais terrifié. J’avais peur pour ma vie. Je n’avais jamais vu une telle colère sur le visage d’une personne auparavant. »
Wayne Swords, gérant adjoint d’Eurospar
M. Swords, qui travaille dans le commerce de détail depuis 30 ans, a précisé qu’il avait déjà été confronté à des menaces avec des armes, mais que l’incident impliquant M. Nkencho l’avait particulièrement ébranlé.
D’autres employés d’Eurospar ont corroboré le récit de M. Swords. Margaret Armstrong a témoigné avoir vu M. Nkencho frapper violemment le gérant adjoint, décrivant ses yeux comme « écarquillés et effrayants ». Elle a également entendu M. Nkencho répéter des insultes. Mark Giles, un autre employé, a décrit M. Nkencho comme une personne « complètement folle » lorsqu’il a appelé les services d’urgence (999). Maria Beggs a quant à elle exprimé sa peur pour sa vie après avoir vu M. Nkencho sortir un couteau de sa poche droite, soulignant que son comportement était différent de ses interactions précédentes avec lui.
« J’avais peur pour ma vie. Je pensais que ce type allait tuer quelqu’un. Je ne pensais qu’à mes enfants. Si quelque chose m’arrivait, ils seraient livrés à eux-mêmes. »
Maria Beggs, employée d’Eurospar
La mère de George Nkencho, Blessing Nkencho, a partagé son chagrin et sa détresse suite à la perte de son fils. Elle a évoqué une dépression et des troubles du sommeil persistants. Elle a également expliqué que son fils avait subi un changement radical après un accident de voiture en 2014, développant des troubles mentaux tels que des hallucinations et une paranoïa. Elle a affirmé que son fils n’avait jamais posé de problèmes durant son enfance, étant passionné par le football et ayant même exercé des fonctions d’entraîneur en Irlande et en Écosse.
« Depuis que George est parti, ma vie n’a plus jamais été la même. Je vois George dans mes rêves. Je ne peux pas marcher dans la rue sans que quelqu’un exprime sa sympathie. »
Blessing Nkencho, mère de George Nkencho
Elle a conclu en exprimant son conviction que son fils aurait pu être sauvé s’il avait reçu l’aide médicale et psychologique dont il avait besoin.
La coroner du district de Dublin, le Dr Myra Cullinane, a rappelé au jury, composé de sept femmes et de cinq hommes, qu’il devait baser son verdict uniquement sur les preuves présentées au cours de l’enquête et ne pas tenir compte des informations qu’il aurait pu rencontrer ailleurs. Elle a précisé que l’objectif de l’enquête n’est pas de déterminer la culpabilité, mais d’établir les circonstances et la cause du décès. L’enquête devrait durer deux semaines.
