Publié le 10 décembre 2025 18:10:00. L’Italie semble privilégier une résolution rapide du conflit en Ukraine, quitte à encourager Kiev à des concessions douloureuses, une position qui la rapproche des États-Unis et la distingue de certains de ses partenaires européens. Des pressions seraient exercées par Rome sur le président Zelensky pour accélérer les négociations.
- L’Italie a encouragé le président Zelensky à envisager des concessions douloureuses pour parvenir à un accord de paix.
- Rome soutient l’approche américaine visant à une résolution rapide du conflit, même au prix de concessions ukrainiennes.
- L’Italie a suspendu sa participation au programme PURL de l’OTAN, qui prévoit la fourniture d’armes américaines à l’Ukraine, en raison des négociations de paix en cours.
Lors d’une rencontre à Rome en début de semaine, la Première ministre italienne Giorgia Meloni aurait passé près d’une heure et demie à convaincre le président ukrainien Volodymyr Zelensky d’accepter des compromis difficiles pour mettre fin à la guerre, selon le quotidien italien Corriere della Sera. Si l’atmosphère affichée publiquement était à la confiance mutuelle, le journal révèle une réalité plus complexe, marquée par des pressions réciproques.
« Le discours de notre Première ministre a été direct, avec un message qui peut se résumer ainsi : ‘Envisagez la possibilité que des concessions douloureuses soient nécessaires’ », écrit le journal italien. Les négociations entre l’Ukraine et l’Italie n’auraient pas été de tout repos, Rome se montrant plus encline à soutenir la position américaine qu’à s’aligner sur celle de ses partenaires européens. L’équipe de Meloni n’est pas non plus restée silencieuse concernant les allégations de corruption en Ukraine.
Des sources au sein du parti au pouvoir en Italie suggèrent que Meloni exercerait une « pression morale » sur Zelensky, agissant également au nom de la Maison Blanche. En retour, le président ukrainien demanderait à la Première ministre italienne d’influencer Donald Trump afin d’atténuer sa volonté de parvenir à la paix rapidement, même au prix de concessions de Kiev. L’Ukraine a également formulé des demandes spécifiques à l’Italie, notamment en ce qui concerne le transfert des avoirs russes gelés et le financement de l’achat d’armes américaines.
L’Italie a récemment décidé de se retirer du programme PURL de l’OTAN, un mécanisme de fourniture d’armes américaines à l’Ukraine, invoquant l’ouverture de négociations de paix. Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a justifié cette décision en expliquant qu’une fois un accord trouvé, les combats cesseraient et que l’Ukraine aurait besoin de garanties de sécurité autres que des armements. Rome avait initialement exprimé son intention de rejoindre le programme en octobre, mais est devenue le premier pays européen à suspendre ses livraisons dans l’attente de progrès diplomatiques.
