Publié le 8 décembre 2025 04:00:00. À Singapour, une employée de banque enceinte a déjoué une tentative d’escroquerie de 200 000 $ singapouriens (environ 150 000 €), illustrant la lutte quotidienne contre une vague de fraudes qui coûte des milliards aux victimes.
- Une banquière de DBS, Fionice Teoh, a empêché une retrait important destiné à des escrocs, malgré l’hostilité de la cliente.
- Singapour est confrontée à une recrudescence des arnaques, notamment celles où les fraudeurs se font passer pour des représentants de l’État.
- Les autorités ont renforcé les peines, incluant désormais la flagellation, pour dissuader les criminels.
Fionice Teoh, employée de la DBS (Development Bank of Singapore), est devenue malgré elle une héroïne du quotidien. Alors qu’elle était enceinte de 38 semaines, elle a réussi à empêcher une cliente âgée de se faire délester de près de 200 000 $ singapouriens (environ 150 000 €) par des fraudeurs. L’incident, survenu dans une agence de Singapour, souligne la complexité croissante des arnaques et le rôle crucial des employés de première ligne dans la protection des populations vulnérables.
Selon des informations rapportées par le Straits Times, la cliente, constamment au téléphone et suivant des instructions précises, semblait manipulée. Méfiante, Fionice Teoh a pris le temps de retarder le retrait et a immédiatement alerté l’équipe de lutte contre la fraude de la banque. Les escrocs avaient convaincu la victime que son argent devait être « examiné » pour des raisons de blanchiment, une tactique de plus en plus courante.
La situation a été d’autant plus délicate que la victime, sous l’emprise des fraudeurs, s’est montrée méfiante envers les policiers intervenus. La persévérance de Fionice Teoh a finalement permis aux autorités de confirmer que la cliente avait déjà retiré 12 000 $ singapouriens (environ 9 000 €) précédemment.
Cette affaire intervient dans un contexte d’augmentation alarmante des escroqueries à Singapour. Les fraudeurs se font de plus en plus passer pour des fonctionnaires, exploitant la peur et l’autorité pour manipuler leurs victimes. Les autorités signalent une recrudescence de ces pratiques, où les victimes sont contraintes au secret et doivent signaler en permanence leur localisation aux criminels.
Depuis 2020, plus de 4 milliards de dollars singapouriens (environ 3 milliards d’euros) ont été perdus à cause de ces arnaques. En 2024, les escroqueries par usurpation d’identité ont causé un préjudice de 151,3 millions de dollars singapouriens (environ 115 millions d’euros) à elles seules. Face à cette situation, les autorités ont décidé de durcir les sanctions, en introduisant notamment la flagellation comme peine pour dissuader les contrevenants.
Cependant, les mesures législatives ne suffisent pas à elles seules. La vigilance des employés de première ligne, comme Fionice Teoh, reste essentielle pour contrer ces fraudes. Leur courage est souvent mis à l’épreuve, confrontés à la confusion et à la méfiance des victimes manipulées. Après l’intervention, la cliente a finalement fait preuve de reconnaissance et est revenue offrir des chocolats à Fionice Teoh, un geste simple qui témoigne du coût humain de ces escroqueries et de l’héroïsme discret de ceux qui les combattent.
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