Publié le 12 octobre 2025 17h00. La ville de Cárdenas, à Cuba, est en deuil après la mort d’un jeune homme emporté par la dengue hémorragique, révélant une crise sanitaire grandissante et un fossé entre la réalité vécue par la population et les affirmations rassurantes des autorités.
- Un jeune homme de Cárdenas est décédé des suites de la dengue hémorragique, confirmant les craintes d’une aggravation de l’épidémie.
- Les habitants dénoncent un manque de mesures de prévention, des conditions sanitaires précaires et un silence officiel sur l’ampleur de la crise.
- La situation à Matanzas, dont Cárdenas fait partie, est classée à haut risque, avec une mobilisation d’étudiants en médecine pour tenter de pallier le manque de personnel.
La mort de Yuniel, un jeune homme décrit par ses proches comme travailleur et plein d’avenir, a mis en lumière la dégradation du système de santé cubain et l’incapacité des autorités à maîtriser la propagation des maladies transmises par les moustiques. Christian Arbolaez, un communicateur local, a annoncé le décès sur son profil Facebook, partageant son émotion et dénonçant la situation.
Selon les témoignages recueillis auprès des voisins, Yuniel a présenté des symptômes typiques de la dengue hémorragique : forte fièvre, douleurs intenses et malaise général. Malgré son transfert à l’hôpital Julio Miguel Aristegui Villamil, le virus a progressé rapidement, entraînant un arrêt cardiaque. Sa disparition a plongé sa famille et ses amis dans le désespoir.
La recrudescence des maladies vectorielles, telles que la dengue hémorragique, le chikungunya et l’oropouche, suscite une inquiétude croissante parmi la population. À Cárdenas, un sentiment d’impuissance domine, résumé par la phrase entendue dans les quartiers : « Cela est devenu incontrôlable », a souligné Christian Arbolaez.
Les habitants pointent du doigt le manque de fumigation, les fuites d’eau, l’accumulation de déchets et la détérioration générale des conditions sanitaires, transformant chaque flaque d’eau en un terrain propice à la prolifération des moustiques. La mort de Yuniel n’est pas perçue comme une simple statistique, mais comme une tragédie personnelle et collective.
« Ce n’était pas une statistique. C’était un fils, un ami, un partenaire, un père. »
Christian Arbolaez, communicateur
Sur les réseaux sociaux, l’indignation est palpable. Les messages de tristesse, de colère et de désespoir se multiplient, accompagnés de demandes de comptes. Sylvie Alfonso, cousine de Yuniel, a exprimé sa douleur :
« C’était mon cousin. Nous ressentons beaucoup de douleur et d’impuissance. Et les mots ne suffisent pas pour exprimer tout ce que l’on ressent avec cette perte. »
Sylvie Alfonso, cousine de la victime
Maria Del Carmen Lamas, une proche parente, a déclaré :
« Notre cher Yuni, un membre de notre famille qui part alors qu’il avait un monde devant lui. Quelle tristesse tu as laissé dans ta famille et tes amis. Tu étais un jeune homme avec beaucoup de rêves et ils t’ont été refusés par une maladie qui aurait pu être évitée s’il n’y avait pas eu cet abandon total qui existe dans toutes les régions de Cuba. »
Maria Del Carmen Lamas, proche parente
D’autres témoignages dénoncent la gestion de la crise sanitaire par les autorités. Karen Liz a critiqué sévèrement le directeur de la santé publique :
« Le directeur de la santé publique, sans vergogne, va encore dire qu’il n’y a pas de décès… Bien sûr qu’il n’y en a pas, car ce n’était pas un membre de sa famille. Je ne veux plus cacher les choses, il y en a déjà eu plusieurs et ils ne font rien. »
Karen Liz, utilisatrice des réseaux sociaux
Isabelle Rodríguez a quant à elle affirmé :
« Quel scandale. Le gouvernement cubain assassine la population. Ce qui se passe est très douloureux. Un jeune homme plein de vie. Maintenant, il n’y a plus de médecins, plus de médicaments, plus de honte. »
Isabelle Rodríguez, utilisatrice des réseaux sociaux
La tragédie survenue à Cárdenas s’inscrit dans un contexte de détérioration générale de la situation sanitaire à Matanzas. Malgré les tentatives des autorités de maintenir une façade de normalité, notamment à travers la célébration de la Semaine de la Culture, la province est confrontée à une vague d’infections et à un effondrement des hôpitaux.
Les autorités sanitaires ont reconnu que les niveaux d’infestation par les moustiques Aedes aegypti sont alarmants dans plusieurs municipalités, dont Cárdenas, classée à haut risque. Pour tenter de faire face à la crise, le gouvernement a mobilisé 2 500 étudiantes en sciences médicales pour renforcer les efforts de lutte anti-vectorielle, révélant ainsi le manque de personnel qualifié.
L’improvisation face au nombre croissant de patients a même conduit le gouvernement à transformer un hôpital pour enfants en unité pour adultes fiévreux, une mesure désespérée témoignant de la saturation des infrastructures médicales et du manque de prévoyance. Un journaliste de Matanzas a également exprimé des critiques acerbes contre les conditions hospitalières et l’absence de réponse de l’État.
Quelle est la cause de la crise sanitaire à Cárdenas, à Cuba ?
La crise sanitaire à Cárdenas est principalement causée par l’augmentation des maladies transmises par les moustiques, comme la dengue hémorragique, le chikungunya et potentiellement le virus Oropouche. La situation est aggravée par le manque de fumigation, l’accumulation d’ordures et la détérioration des conditions sanitaires, qui ont fait de la zone un foyer d’infection.
Qu’est-ce que la dengue hémorragique et comment affecte-t-elle la population ?
La dengue hémorragique est une forme grave de dengue qui peut provoquer des hémorragies internes, une diminution des plaquettes et, dans les cas critiques, la mort. À Cuba, le manque de ressources médicales et la détérioration du système de santé rendent difficile un diagnostic et un traitement appropriés, augmentant le risque pour la population touchée.
Pourquoi le gouvernement cubain ne reconnaît-il pas la gravité de la situation épidémiologique ?
Le gouvernement cubain évite de reconnaître publiquement la gravité de la situation épidémiologique pour ne pas admettre son échec dans la maîtrise de la crise sanitaire. Malgré les plaintes des citoyens et les rapports faisant état d’un état de santé dégradé, les autorités insistent pour minimiser les épidémies et refusent de reconnaître les décès directement liés à ces maladies.
Comment la crise de la dengue affecte-t-elle la vie quotidienne des Cubains ?
La crise de la dengue affecte gravement la vie quotidienne des Cubains, obligeant de nombreuses familles à s’occuper de plusieurs patients en même temps et à faire face à un manque de médicaments de base. Les coupures d’électricité, le manque d’eau potable et l’accumulation d’ordures aggravent encore la situation, transformant la vie quotidienne en une lutte constante contre les conditions insalubres.
