Publié le 25 décembre 2025 à 07h14. Face à une recrudescence des attaques d’ours au Japon, la consommation de viande d’ours connaît un essor inattendu, poussée par la curiosité et soutenue par une initiative gouvernementale visant à valoriser cette ressource.
- Le nombre d’attaques d’ours a atteint un niveau record au Japon cette année, avec 13 décès.
- La demande de viande d’ours a explosé dans les restaurants, notamment dans la préfecture de Saitama.
- Le gouvernement japonais investit 118 millions de dollars (environ 1 900 milliards de roupies indonésiennes) pour contrôler la population d’ours et encourager une consommation durable.
La multiplication des rencontres entre ours et humains, y compris dans des zones urbaines comme les écoles et les centres commerciaux, a conduit à une augmentation significative de la chasse contrôlée des ours. Cette situation a paradoxalement stimulé un intérêt culinaire pour la viande d’ours, traditionnellement consommée dans les régions montagneuses du Japon, mais restée marginale dans le reste du pays.
Dans la ville de Chichibu, près de Tokyo, Koji Suzuki, propriétaire d’un restaurant local, se dit dépassé par l’afflux de clients désireux de goûter à son ours grillé. « Avec de plus en plus de nouvelles concernant les ours, le nombre de clients souhaitant goûter leur viande augmente rapidement », a-t-il déclaré à l’agence AFP le 25 décembre 2025. Il souligne l’importance de valoriser la viande issue de l’abattage plutôt que de la laisser se perdre.
Son épouse, Chieko (64 ans), qui gère le restaurant, confirme la difficulté de répondre à la demande, qui dépasse désormais les capacités de l’établissement. L’intérêt ne se limite pas aux habitants de la région, mais attire également des curieux venus découvrir cette spécialité montagnarde.
Parmi ces nouveaux amateurs, Takaaki Kimura, un compositeur de 28 ans, a partagé son expérience :
« La texture est très juteuse, et le goût ressort encore plus lorsqu’on le mâche »
Takaaki Kimura, compositeur
. Il a visité le restaurant avec des amis et a opté pour la cuisson sur pierre chaude ou en fondue avec des légumes.
Bien que la consommation de viande d’ours ne soit pas nouvelle au Japon, elle reste confinée aux traditions culinaires locales des villages de montagne. Le gouvernement japonais voit désormais dans cette pratique un potentiel économique pour les communautés rurales. Le ministère de l’Agriculture a déclaré qu’il est « important de transformer la faune sauvage nuisible en quelque chose de valeur positive ».
Le plan d’investissement de 118 millions de dollars permettra de financer des mesures de contrôle de la population d’ours, tout en encourageant une consommation durable. Cette initiative vise à réduire la menace que représentent les ours, parfois pesant jusqu’à une demi-tonne, qui s’aventurent de plus en plus près des zones habitées. Le nombre de décès liés aux attaques d’ours a doublé cette année par rapport à la période précédente, et ce, alors que l’année n’est pas encore terminée.
Les scientifiques attribuent cette crise à plusieurs facteurs, notamment l’augmentation des populations d’ours, le déclin des populations rurales et les mauvaises récoltes de glands, qui contraignent les ours à rechercher d’autres sources de nourriture. Pour faire face à cette situation, le gouvernement a déployé des troupes pour soutenir les opérations de piégeage et de chasse, et la police anti-émeute a également été mobilisée. Plus de 9 100 ours ont été tués entre 2023 et 2024.
