L’Émirat islamique d’Afghanistan, dirigé par les talibans, réaffirme son désir d’établir des relations constructives avec l’ensemble de la communauté internationale, y compris les États-Unis, et appelle à la réouverture de l’ambassade américaine à Kaboul. Cette démarche intervient alors que l’Inde vient de relever le statut de sa mission technique à Kaboul en ambassade à part entière.
« Nous soutenons de bonnes relations avec tous les pays, notamment les États-Unis, et souhaitons que nos échanges se développent sur deux axes principaux : la diplomatie et le commerce », a déclaré Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans. « Nous avons toujours tendu la main aux États-Unis et les encourageons à s’engager avec nous dans ces domaines. »
M. Mujahid a également répondu aux récentes déclarations de l’ancien président américain Donald Trump concernant la base aérienne de Bagram. Il a suggéré que Washington devrait plutôt se concentrer sur la reprise d’une présence diplomatique à Kaboul. « Au lieu de parler de Bagram, ils devraient rouvrir leur ambassade », a-t-il insisté. « La réactivation de cette voie diplomatique permettrait à l’Afghanistan et aux États-Unis d’entretenir des relations appropriées et légitimes. Nous sommes ouverts au dialogue et attendons de voir quelle sera leur réponse. »
Cette volonté d’engagement économique et politique coïncide avec la reconnaissance, par un conseiller adjoint à la sécurité nationale américaine, d’une certaine coopération de la part des autorités afghanes actuelles dans la lutte contre le terrorisme.
Mohammad Amin Karim, expert en relations internationales, souligne qu’il existe aux États-Unis un débat interne sur l’opportunité de s’engager avec le régime taliban. « Il y a un conflit permanent aux États-Unis entre ceux qui soutiennent et ceux qui s’opposent à un engagement avec le système actuel en Afghanistan », a-t-il expliqué. « Nous pourrions assister dans les semaines ou les mois à venir à l’annonce d’une politique américaine à long terme concernant l’Afghanistan. »
Malgré les critiques récurrentes de Donald Trump à l’égard du retrait américain d’Afghanistan, la position officielle de Washington à l’égard du gouvernement taliban reste pour l’heure imprécise.
Parallèlement, l’Inde a confirmé mardi le rétablissement du statut d’ambassade pour sa mission technique à Kaboul. Le ministère indien des Affaires étrangères a précisé dans un communiqué que cette décision reflète l’engagement de New Delhi à renforcer ses relations bilatérales avec l’Afghanistan dans tous les domaines d’intérêt commun. L’annonce a été faite lors de la rencontre entre le ministre indien des Affaires étrangères, Jaishankar, et son homologue afghan, Mawlawi Amir Khan Muttaqi, suite à la visite de ce dernier en Inde du 9 au 16 octobre. L’ambassade indienne à Kaboul contribuera, selon le ministère, au développement global de l’Afghanistan.
