L’administration américaine a déclaré être engagée dans un « conflit armé » avec les cartels de la drogue, justifiant ainsi des opérations militaires controversées dans les Caraïbes et ouvrant la voie à des pouvoirs accrus en matière de lutte contre le narcotrafic. Cette escalade verbale et opérationnelle intervient après des frappes qui ont fait au moins 17 morts le mois dernier.
Cette semaine, une lettre adressée à plusieurs commissions du Congrès, dont le contenu a été révélé par le New York Times, décrit les cartels comme des « groupes armés non étatiques » menant « une attaque armée contre les États-Unis ». L’administration affirme ainsi se trouver dans un « conflit armé non international » avec ces organisations, ce qui lui conférerait, selon elle, des prérogatives similaires à celles exercées en temps de guerre, notamment la possibilité de tuer et de détenir des membres de cartels sans être inquiétée.
L’intensification de la rhétorique et des actions contre les cartels a débuté en janvier, avec la désignation du gang vénézuélien Tren de Aragua comme organisation terroriste étrangère. En septembre, l’armée américaine a ciblé trois embarcations soupçonnées d’être liées à Tren de Aragua dans les Caraïbes, entraînant la mort de leurs occupants. La qualification de « conflit armé » semble être une tentative de légitimer a posteriori ces opérations.
Cependant, des experts soulignent que cette désignation ne correspond pas à la définition juridique d’un « conflit armé » au sens du droit international. Il ne s’agit pas, à ce stade, d’une guerre au sens traditionnel du terme.
Ce n’est pas la première fois que l’administration tente d’utiliser des arguments similaires. En mars, l’ancien président Trump avait tenté d’invoquer la loi sur les ennemis étrangers pour expulser des immigrants vénézuéliens qu’il accusait d’être affiliés à Tren de Aragua, mais cette tentative s’était heurtée à un rejet judiciaire. Le litige est toujours en cours.
Par ailleurs, l’administration Trump cherche à étendre les pouvoirs de l’armée américaine sur le territoire national. Elle a récemment suggéré que des villes américaines pourraient servir de « terrains d’entraînement » pour les forces armées.
