Publié le 13 novembre 2025. La Commission indonésienne pour la protection de l’enfance (KPAI) va porter plainte contre un chef religieux influent, accusé d’avoir eu un comportement inapproprié envers des jeunes filles lors de rassemblements religieux, une affaire qui a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux.
- La KPAI se coordonne avec la police et demande un soutien psychologique aux enfants concernés et à leurs familles.
- Les actions du religieux seraient en violation de plusieurs articles de la Constitution et des lois indonésiennes protégeant les enfants.
- Le religieux a présenté des excuses publiques, affirmant qu’il s’agissait d’une erreur personnelle.
La Commission indonésienne pour la protection de l’enfance (KPAI) a annoncé son intention de déposer une plainte formelle contre Mohammad Elham Yahya Al-Maliki, plus connu sous le nom de Gus Elham, dirigeant du forum d’études islamiques Ibadallah Majlis Taklim. Cette décision fait suite à la diffusion de vidéos virales montrant Gus Elham embrassant des jeunes filles lors d’événements religieux.
Dian Sasmita, membre de la KPAI, a déclaré que l’institution se coordonne étroitement avec les autorités compétentes, notamment la police, pour faire toute la lumière sur cette affaire. Elle a également souligné la nécessité d’un accompagnement psychologique pour les enfants et leurs familles affectés par ces événements.
Selon la KPAI, les actes de Gus Elham constituent une violation de plusieurs dispositions légales fondamentales. L’article 28B, paragraphe 2, de la Constitution indonésienne de 1945 garantit aux enfants le droit d’être protégés de toute forme de violence et de discrimination. De plus, l’article 4 de la loi n° 23 de 2002 sur la protection de l’enfance assure à chaque enfant le droit de vivre, de grandir et de se développer dans un environnement sûr, protégé contre les abus sexuels et autres formes de violence. Enfin, l’article 76E de la loi n° 35 de 2014 sur la protection de l’enfance interdit explicitement tout acte de violence, de contrainte ou d’indécence envers les enfants.
Dian Sasmita a insisté sur la nécessité d’une interprétation plus large de la notion d'”actes indécents”, afin d’inclure les comportements qui transgressent les normes sociales et juridiques, même en l’absence d’intentions malveillantes avérées. La KPAI envisage également de se baser sur l’article 4, paragraphe 1, de la loi n° 12 de 2022 relative aux actes criminels de violence sexuelle (UU TPKS), qui définit neuf types d’infractions, y compris le harcèlement sexuel non physique.
Excuses et justifications
Avant l’annonce de la KPAI, Gus Elham Yahya Al-Maliki a présenté ses excuses pour les vidéos controversées. Dans une vidéo enregistrée le 11 novembre 2025 à Kediri, dans l’est de Java, il a exprimé ses regrets pour la diffusion de ces images qui ont suscité l’indignation.
« Je m’excuse sincèrement auprès de l’ensemble de la société pour la diffusion de la vidéo qui a provoqué une émotion. J’avoue que c’était une erreur et mon erreur personnelle. »
Mohammad Elham Yahya Al-Maliki, chef de l’Ibadallah Majlis Taklim
Gus Elham s’est engagé à corriger son comportement, à ne plus reproduire de tels actes et à promouvoir des enseignements religieux plus sages, conformes aux normes religieuses et à l’éthique indonésienne. Il a également affirmé que les vidéos en question datent d’il y a un certain temps et que leur contenu avait déjà été supprimé des comptes officiels de son institution sur les réseaux sociaux. Il a précisé que les jeunes filles présentes sur les vidéos étaient accompagnées de leurs parents, qui assistaient régulièrement à ses rassemblements religieux.
« Je dois préciser que les enfants dans la vidéo virale sont ceux sous la surveillance de leurs parents qui assistent régulièrement à mes enseignements religieux. »
Mohammad Elham Yahya Al-Maliki, chef de l’Ibadallah Majlis Taklim
L’affaire soulève des questions importantes sur la protection des enfants et les limites du contact physique dans un contexte religieux. La KPAI entend poursuivre ses investigations pour déterminer l’étendue des faits et les conséquences juridiques potentielles.
Dian Rahma Fika a contribué à ce reportage.
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