Publié le 8 novembre 2025 à 14h18. La distribution des logements sociaux au Vietnam est entachée par des pratiques opaques et des marges illégales, privant les travailleurs à faible revenu d’un accès équitable à la propriété. Un avocat propose des mesures pour renforcer la transparence et lutter contre la spéculation.
- Le mécanisme actuel de demande-offre favorise les intermédiaires et les spéculateurs, gonflant artificiellement les prix.
- Le manque de transparence dans le processus d’attribution et l’absence de sanctions dissuasives encouragent les abus.
- La numérisation du processus et un contrôle renforcé sont essentiels pour garantir un accès équitable aux logements sociaux.
Le système de logements sociaux, conçu pour aider les foyers à faibles revenus à devenir propriétaires, est miné par des pratiques qui éloignent cette politique de son objectif initial, selon l’avocat Nguyen Vo Cai, du cabinet Mai Kim Tac (Ordre des avocats de Hô Chi Minh-Ville). Bien que les prix de vente soient théoriquement fixés par les autorités, des coûts supplémentaires non réglementés, tels que des frais d’approbation obscurs et des intérêts cachés, alourdissent la facture finale pour les acquéreurs.
L’avocat dénonce une faille dans le système « demande-offre », qui crée une « porte dérobée » permettant à des intermédiaires de profiter de subventions destinées aux travailleurs. Cette situation favorise la spéculation et l’augmentation des prix, rendant l’accès au logement social plus difficile pour ceux qui en ont le plus besoin.
Selon M. Cai, la mise en œuvre des réglementations est souvent laxiste, notamment lors de la réception des demandes et de la vérification des dossiers. Certains acteurs profitent de la forte demande pour augmenter discrètement les prix et réaliser des profits illégaux. De plus, le manque de transparence oblige les travailleurs à passer par des courtiers ou des agents immobiliers, sans avoir une idée claire des prix catalogue ni accès direct aux annonces publiques.
Pour remédier à cette situation, l’avocat Nguyen Vo Cai plaide pour la numérisation complète du processus d’achat et de vente de logements sociaux. Il propose de rendre publics les résultats des approbations, les listes des inscrits, les prix de vente et les informations sur les projets, via des portails d’information régionaux et le ministère de la Construction.
Il souligne également la nécessité de renforcer les inspections et les contrôles indépendants des projets de logements sociaux, avec une surveillance à chaque étape de la distribution par les autorités et les organisations socio-politiques.
En matière de sanctions, M. Cai estime qu’elles doivent être plus sévères pour dissuader les pratiques déloyales, notamment la confiscation des bénéfices illégaux et la suspension, voire l’interdiction, pour les investisseurs de participer à de futurs projets de logements sociaux. Il insiste également sur la nécessité de définir clairement les responsabilités personnelles des dirigeants et du personnel en charge de la gestion des logements sociaux, en sanctionnant directement les signataires des autorisations en cas de violation des prix ou de propriété.
« Vendre à des prix déloyaux ou cibler des cibles déloyales devrait être soumis à des sanctions plus strictes, notamment la collecte de bénéfices illégaux et la suspension ou l’interdiction des investisseurs de participer à des projets de logements sociaux à long terme. »
Nguyen Vo Cai, avocat au cabinet Mai Kim Tac
Pour se protéger des arnaques, l’avocat conseille aux travailleurs de ne traiter qu’avec des investisseurs autorisés et de toujours exiger une confirmation écrite de leur éligibilité auprès du ministère de la Construction avant d’effectuer tout paiement ou de signer un contrat. Il met en garde contre les publicités alléchantes promettant des « places internes » ou des « entrées par la porte dérobée », qui peuvent entraîner des pertes financières sans garantie d’obtenir un logement.
Enfin, il recommande aux acheteurs de se renseigner soigneusement sur les conditions d’éligibilité, les objectifs et le processus d’approbation, de préparer un dossier complet et de choisir un projet et un investisseur légalement établis. Il insiste sur l’importance de ne pas faire confiance aux courtiers, de ne pas signer de documents à la main et de surveiller attentivement les notifications du ministère de la Construction et des autorités locales concernant les calendriers de réception des dossiers.
