Publié le 8 octobre 2025 à 22h59. L’épouse d’un haut responsable de la police de l’Haryana a déposé une plainte accablante, alléguant un harcèlement systématique ayant conduit au suicide de son mari et pointant du doigt la direction générale de la police de l’État.
- Amneet P Kumar, épouse de l’officier de police Y Puran Kumar, a déposé plainte contre le DGP Shatrujeet Singh Kapur et le SP Narendra Bijarnia.
- Elle accuse la direction de la police de l’Haryana d’avoir mené une campagne de persécution à l’encontre de son mari, culminant avec son décès.
- La plainte invoque des articles du code pénal relatifs à l’incitation au suicide et à la discrimination fondée sur la caste.
Une tragédie secoue la police de l’Haryana. Amneet P Kumar, épouse de l’officier supérieur Y Puran Kumar, décédé mardi dans des circonstances qui semblent indiquer un suicide, a porté plainte auprès de la police de Chandigarh mercredi soir. Dans ce document accablant, elle accuse directement Shatrujeet Singh Kapur, le directeur général de la police (DGP) de l’Haryana, et Narendra Bijarnia, le surintendant de police (SP) de Rohtak, d’être responsables de la mort de son mari.
Selon la plainte, Y Puran Kumar aurait été victime de « des années d’humiliation et de harcèlement systématiques » de la part de ses supérieurs, et plus particulièrement de M. Kapur. Mme Kumar affirme que cette persécution était motivée par l’origine sociale de son mari, issu d’une communauté de caste répertoriée. Elle a demandé l’ouverture d’une enquête formelle (FIR) en vertu de l’article 108 du Code pénal indien (incitation au suicide) et des dispositions de la loi sur la prévention des atrocités envers les castes et les tribus planifiées (SC & ST).
« Il ne s’agit pas d’un suicide ordinaire, mais du résultat direct de la persécution systématique d’un officier honnête issu d’une communauté de caste répertoriée par des supérieurs puissants »
Amneet P Kumar, épouse de Y Puran Kumar
Mme Kumar allègue que son mari lui avait confié qu’un complot était en cours, orchestré par le DGP Kapur, dans le but de le piéger dans une affaire fabriquée de toutes pièces. Elle cite notamment l’enregistrement d’un « faux FIR » (n° 0319/2025) le 6 octobre au poste de police urbain de Rohtak, visant un ancien collaborateur de son mari, dans le but, selon elle, de l’impliquer indirectement. Elle affirme que cette persécution constante a poussé son mari au désespoir.
Avant son décès, Y Puran Kumar aurait tenté de contacter à plusieurs reprises le DGP Kapur et le SP Bijarnia, sans succès. Selon Mme Kumar, le DGP aurait « écarté » son appel, tandis que le SP aurait délibérément ignoré ses tentatives de communication. Elle estime que le SP Bijarnia agissait en concertation avec le DGP Kapur.
Mme Kumar soutient également que son mari s’était plaint à plusieurs reprises de discrimination fondée sur sa caste, d’exclusion des lieux de culte au sein des locaux de la police et d’humiliations liées à ses origines. Elle déplore le fait que ses appels à l’application de la loi SC/ST soient restés sans réponse, et affirme que « la persécution administrative peut conduire une personne au suicide ».
La plainte, empreinte d’une profonde émotion, souligne que la note de suicide laissée par Y Puran Kumar mentionne les noms de plusieurs officiers qu’il jugeait responsables de son sort. Mme Kumar a exprimé sa crainte que les positions de pouvoir occupées par les accusés ne leur permettent de falsifier les preuves et d’influencer les témoins. Elle a demandé à la police de procéder à leur arrestation immédiate. Une note de suicide de huit pages a été récupérée par la police et des experts du CFSL le jour de l’incident.
Contacté par nos soins, le bureau du DGP Kapur n’a pas encore répondu à nos sollicitations. Le SP Bijarnia a déclaré que la police de Rohtak n’avait désigné M. Kumar comme accusé dans aucune affaire et ne l’avait convoqué pour aucune enquête. Il a précisé que le FIR enregistré pour des accusations d’extorsion contre un policier était basé sur des preuves solides.
