Belém, Brésil – L’Indonésie s’engage à reconnaître et à attribuer 1,4 million d’hectares (14 000 kilomètres carrés) de forêts coutumières aux communautés autochtones d’ici 2029, une initiative présentée lors du Sommet sur le climat de Belém. Cette décision, portée par le président Prabowo, vise à la fois à protéger les droits des populations locales et à lutter contre la déforestation.
- L’Indonésie alloue 1,4 million d’hectares de forêts coutumières aux communautés autochtones.
- Un groupe de travail spécial a été mis en place pour accélérer la reconnaissance de ces droits fonciers.
- La reconnaissance des forêts coutumières pourrait réduire la déforestation de 30 à 50 %.
L’annonce a été faite par l’envoyé spécial présidentiel pour le changement climatique et l’énergie, Hashim Djojohadikusumo, au nom du président Prabowo, en marge du sommet de Belém. Il a précisé que l’engagement avait été publiquement annoncé plus tôt cette année par le chef de l’État.
« Plus tôt cette année, le président Prabowo a annoncé publiquement notre engagement audacieux à reconnaître et à allouer 1,4 million d’hectares de forêts coutumières aux communautés autochtones et locales d’ici quatre ans »
Hashim Djojohadikusumo, envoyé spécial présidentiel pour le changement climatique et l’énergie
Le ministre des Forêts, Raja Juli Antoni, a souligné que cette initiative s’inscrit dans la politique environnementale du président et dans sa volonté de prendre en compte les communautés traditionnelles, trop souvent marginalisées. Un groupe de travail dédié, lancé en mars 2025, a pour mission d’accélérer le processus de reconnaissance des droits fonciers coutumiers, avec un objectif de 1,4 million d’hectares attribués entre 2025 et 2029.
Selon l’État des forêts d’Indonésie (SOIFO) – Données 2024, la reconnaissance des forêts coutumières s’avère un outil efficace pour limiter la déforestation, avec une réduction estimée entre 30 et 50 %.
Cet engagement intervient alors que les organisations autochtones tirent la sonnette d’alarme face à l’expansion continue des activités industrielles qui entraînent le déplacement des populations locales à travers l’Indonésie. Un rapport conjoint de l’Alliance des peuples autochtones de l’archipel (AMAN), de l’Alliance mondiale des communautés territoriales (GATC), des fédérations autochtones régionales et d’Earth Insight révèle que plus de 11,7 millions d’hectares de terres coutumières ont été spoliés au cours de la dernière décennie. Près de 700 conflits fonciers liés à des projets miniers, forestiers, pétroliers, gaziers, géothermiques et autres industries extractives ont été recensés.
Le rapport souligne que les territoires coutumiers indonésiens couvrent environ 33,6 millions d’hectares, abritant certains des écosystèmes les plus riches en biodiversité et en carbone du pays. Cependant, seule une infime partie de ces terres a été officiellement reconnue. Selon les données de l’Agence centrale des statistiques (BPS), moins de 1 % des plus de 25 millions d’hectares de territoires autochtones sont légalement protégés, tandis que des concessions considérables ont été attribuées pour la culture du palmier à huile, l’exploitation forestière et l’extraction minière.
