Publié le 1er octobre 2025 à 01h23. Une nouvelle étude révèle qu’il est possible de prévenir le diabète de type 2 en rétablissant une régulation normale du glucose, et ce, même en l’absence de perte de poids, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de prévention.
- La rémission du prédiabète, définie par le retour à une glycémie normale, peut survenir sans perte de poids, voire avec un léger gain.
- Cette rémission est associée à une meilleure sensibilité à l’insuline, à une fonction améliorée des cellules bêta et à une redistribution des graisses corporelles.
- Les résultats de l’étude suggèrent de cibler la régulation du glucose et la composition corporelle, plutôt que le poids seul, dans les programmes de prévention du diabète de type 2.
Des chercheurs ont mis en évidence un mécanisme surprenant : la restauration d’une régulation normale du glucose peut protéger contre le développement du diabète de type 2, et ce, indépendamment de la perte de poids. Cette découverte, publiée dans la revue Nature Medicine, remet en question les approches traditionnelles de prévention et ouvre de nouvelles perspectives pour lutter contre cette maladie en constante augmentation.
Le diabète de type 2 (T2D) touche plus de 460 millions de personnes dans le monde et constitue une cause majeure de décès en raison de ses complications, notamment les neuropathies, les maladies cardiovasculaires et les maladies rénales chroniques. Les prévisions indiquent une augmentation significative du nombre de cas d’ici 2050, en particulier dans les pays à revenu faible et moyen où l’accès aux traitements est limité. La prévention est donc cruciale.
Le prédiabète, caractérisé par une altération de la régulation du glucose sans atteindre les seuils diagnostiques du T2D, est considéré comme le principal facteur de risque de développement de la maladie. Environ 5 à 10 % des personnes atteintes de prédiabète progressent vers un diabète de type 2 chaque année, avec un risque à vie pouvant atteindre 74 %. Il est également associé à un risque accru de maladies vasculaires, de cancers et de troubles neurodégénératifs.
L’étude, une analyse post-hoc de l’essai d’intervention sur le mode de vie du prédiabète (Plus), a porté sur 1 105 individus atteints de prédiabète en Allemagne entre 2012 et 2016. Les participants ont été répartis en différents groupes suivant des interventions sur le mode de vie. L’analyse s’est concentrée sur les 234 participants qui n’avaient pas perdu de poids au cours des 12 mois du programme.
Les résultats ont révélé que 51 participants ont atteint la rémission du prédiabète, c’est-à-dire un retour à une glycémie normale, malgré l’absence de perte de poids, voire avec un léger gain. Ces participants ont présenté des améliorations métaboliques significatives, notamment une augmentation de la sensibilité à l’insuline, une meilleure sécrétion d’insuline et une fonction améliorée des cellules bêta du pancréas.
Un élément clé observé est la redistribution des graisses corporelles. Les participants ayant atteint la rémission ont stocké davantage de graisse dans le tissu adipeux sous-cutané (SCAT) et ont évité l’accumulation de graisse viscérale (TVA), ce qui a conduit à un rapport SCAT/TVA plus élevé. Ce profil de graisse plus sain est associé à des niveaux plus élevés d’adiponectine, une hormone qui favorise la sensibilité à l’insuline.
Les chercheurs ont également constaté une amélioration de la régulation du glucagon et une sensibilité accrue des cellules bêta au peptide-1 de type glucagon (GLP-1), deux facteurs importants pour le contrôle de la glycémie. Ces résultats ont été confirmés dans une deuxième cohorte issue du programme américain de prévention du diabète (DPP).
Selon les chercheurs, ces résultats suggèrent qu’il est possible de cibler des mécanismes spécifiques, tels que la redistribution des graisses et l’amélioration de la fonction des cellules bêta, pour prévenir le diabète de type 2, même en l’absence de perte de poids. Ils soulignent la nécessité d’élargir les directives cliniques actuelles et de mettre l’accent sur la rémission à une régulation normale du glucose comme objectif principal de la prévention.
Les forces de l’étude résident dans la confirmation des résultats dans la cohorte DPP et dans l’analyse métabolique détaillée. Les limites incluent la conception post-hoc de l’étude et la dépendance aux mesures obtenues par le test de tolérance au glucose oral (OGTT).
En conclusion, cette étude souligne que la santé métabolique et la rémission glycémique, plutôt que la perte de poids seule, devraient guider les stratégies de prévention personnalisées du diabète de type 2.
Référence de l’article :
- Sandforth, A., Arreola, Ev, Hanson, RL, Albrechtsen, NJW, Holst, JJ, Ahrends, R., Coman, C., Gerst, F., Lorza-Gil, E., Cheng, Y., Sandforth, L., Katzenstein, S., Ganslmeier, M., Seissler, J., Hauner, H., Pérakis, N R., Machann, J., Schick, F., Peter, A., Lehmann, R., Weigert, C., Maurer, J., Preissl, H., Heni, M., Szendrödi, J., Kopf, S., Solimen, M., Schwarz, M., Blüher, M., Häring, H., Hrabé De Angelis, M., Schürmann, A. May, K., Pfeif AFH, Bornstein, S., Stumvoll, M., Roden, M., Stefan, N., Fritsche, A., Birkenfeld, AL, Jumpertz von Schwartzenberg, A. (2025). Prevention of type 2 diabetes by remission of prediabetes without weight loss. Nature Medicine. Doi: 10.1038/S41591-025-03944-9, https://www.nature.com/articles/s41591-025-03944-9
