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Virus Usutu décime les oiseaux en Écosse alerte sur le changement climatique

by Sophie Martin
Une propagation record du virus Usutu en Écosse grâce à des températures tropicales

Le virus Usutu, jusqu’ici confiné aux régions méridionales de l’Europe, a provoqué la mort de milliers d’oiseaux sur l’île écossaise d’Arran, selon des scientifiques qui alertent sur l’impact du changement climatique. Identifié pour la première fois en avril 2026, ce virus tropical, transmis par le moustique Culex pipiens, s’étend désormais à des latitudes où il n’avait jamais été détecté auparavant.

Une propagation record du virus Usutu en Écosse grâce à des températures tropicales

Les chercheurs de l’université de Glasgow, équipés de pièges à moustiques et d’épuisettes, ont confirmé la présence massive du virus sur l’île d’Arran, où des merles présentaient des symptômes étranges avant de mourir par dizaines. « Si vous m’aviez demandé il y a dix ans quel était le risque de voir apparaître une maladie transmise par les moustiques en Écosse, j’aurais pensé que je ne le verrais pas de mon vivant. Mais le changement climatique a considérablement accéléré le rythme de ces changements », explique Heather Ferguson, professeure d’écologie des maladies infectieuses à l’université de Glasgow.

Le Culex pipiens, vecteur du virus Usutu, prospère autour de 25°C. Or, avec le réchauffement climatique, ces températures, autrefois rares au Royaume-Uni, sont désormais régulièrement atteintes. En 2025, l’Écosse a enregistré son année la plus chaude jamais mesurée, avec des pics à 32,2°C dans les Highlands en juillet. Cette montée des températures a permis au moustique de s’étendre et au virus de s’adapter à de nouveaux territoires.

Les oiseaux écossais comme indicateurs d’une menace zoonotique émergente

Le virus Usutu, détecté pour la première fois en 1959 en Afrique australe, circule en Europe depuis les années 2000, mais sans jamais atteindre de telles latitudes. En Écosse, les scientifiques craignent que cette épizootie ne se transforme en une menace zoonotique, c’est-à-dire qu’elle ne passe des oiseaux à l’homme. Bien que les risques de transmission directe soient encore limités — avec seulement 235 cas humains recensés en Europe jusqu’à fin 2024, selon une étude publiée dans la revue Viruses —, Heather Ferguson souligne que « dans d’autres régions d’Europe, l’Usutu est le premier signe de maladies plus graves, comme le virus du Nil occidental ».

Déjà détecté dans des moustiques britanniques en mai 2025, le virus du Nil occidental, bien plus dangereux pour l’homme, pourrait suivre la même trajectoire. Les chercheurs de Glasgow mènent désormais des tests en laboratoire pour mieux comprendre les mécanismes de transmission et évaluer les risques potentiels pour la santé humaine.

L’appel urgent à une surveillance sanitaire renforcée face à l’expansion des maladies tropicales

Face à cette situation inédite, les autorités écossaises et les scientifiques appellent à une surveillance accrue des populations de moustiques et des oiseaux, afin de limiter la propagation du virus. « Voir débarquer de tels virus jusqu’en Écosse, c’est un signal d’alarme : le risque se rapproche de chez nous. Nous devons nous y préparer », insiste Heather Ferguson.

Migration du virus Usutu vers le nord de l'Écosse

Les experts rappellent que le changement climatique continue de modifier les écosystèmes et d’étendre la présence de maladies autrefois cantonnées aux régions tropicales. Alors que les températures continuent de grimper, la question n’est plus de savoir si de nouveaux virus vont apparaître en Europe du Nord, mais quand et à quelle échelle.

Les leçons écossaises pour anticiper l’arrivée d’autres pathogènes liés au climat

Pour aller plus loin :

Les leçons écossaises pour anticiper l’arrivée d’autres pathogènes liés au climat
  • Le virus Usutu a été détecté pour la première fois en 1959 en Afrique australe et circule en Europe depuis les années 2000, mais sans jamais atteindre les latitudes écossaises.
  • Le moustique Culex pipiens, vecteur du virus, prospère désormais dans des régions où les températures dépassent régulièrement 25°C, favorisant la propagation du pathogène.
  • Les scientifiques appellent à une vigilance accrue face aux risques de transmission à l’homme et à l’arrivée d’autres maladies tropicales.

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