Publié le 13 décembre 2023 08h10:00. L’armée américaine accélère son intégration de l’intelligence artificielle (IA) à tous les niveaux, avec le lancement d’une plateforme dédiée et un renforcement de ses alliances stratégiques, notamment avec l’Australie et le Royaume-Uni. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du président Trump de faire des États-Unis le leader mondial dans le domaine de l’IA.
- Lancement de GenAI.mil, une plateforme d’IA basée sur Gemini for Government, pour l’ensemble du personnel du ministère de la Guerre.
- Renforcement de la coopération avec l’Australie et le Royaume-Uni dans le cadre de l’accord AUKUS, notamment pour le développement de sous-marins nucléaires.
- Renforcement de la sécurité à la frontière sud avec l’affectation de terres publiques à la Marine américaine.
Le ministère de la Guerre s’engage résolument dans la course à l’intelligence artificielle, un domaine considéré comme crucial pour l’avenir de la défense américaine. Récemment, le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, a dévoilé GenAI.mil, un outil d’IA conçu pour accélérer les opérations et donner un avantage stratégique aux forces américaines. Kingsley Wilson, le secrétaire de presse du Pentagone, a souligné l’importance de cette initiative :
« L’avenir de la guerre américaine réside dans l’IA, et l’armée américaine ne sera pas en reste. Nous révolutionnons la façon dont nous gagnons et nous innovons dans nos opérations à tous les niveaux. »
Kingsley Wilson, secrétaire de presse du Pentagone
GenAI.mil offre une version spécialisée de Gemini for Government, l’outil d’IA de Google, approuvée pour le traitement d’informations non classifiées. La plateforme permettra aux militaires et aux civils de rédiger des documents, de répondre à des questions, d’effectuer des recherches approfondies et de formater du contenu. Hegseth a insisté sur la nécessité pour chaque membre du département de se familiariser avec cet outil :
« Je m’attends à ce que chaque membre du département se connecte, l’apprenne et l’intègre immédiatement dans vos flux de travail. L’IA devrait être à votre rythme de combat chaque jour ; elle devrait être votre coéquipier. »
Pete Hegseth, secrétaire à la Guerre
Parallèlement à ces développements technologiques, le ministère de la Guerre renforce ses alliances stratégiques. Cette semaine, des discussions importantes ont eu lieu avec l’Australie, tant au Département d’État qu’au Pentagone, dans le cadre de la 40e consultation ministérielle Australie-États-Unis. Hegseth et le secrétaire d’État Marco Rubio ont rencontré leurs homologues australiens, le vice-Premier ministre Richard Marles et la ministre des Affaires étrangères Penny Wong, pour discuter de l’amélioration des capacités militaires, du renforcement des bases industrielles de défense et de l’accès aux ressources critiques, notamment les terres rares. Une réunion trilatérale avec le secrétaire à la Défense du Royaume-Uni, John Healey, a également eu lieu au Pentagone.
Ces rencontres s’inscrivent dans le cadre de l’accord AUKUS, un pacte de sécurité trilatéral visant à fournir à l’Australie des sous-marins nucléaires à armement conventionnel et à investir dans les bases industrielles des trois pays partenaires. Les États-Unis s’engagent à livrer trois sous-marins de classe Virginia à l’Australie dans les années 2030, et les trois pays collaboreront au développement d’une nouvelle plateforme, SSN-AUKUS, qui sera opérationnelle au Royaume-Uni dans les années 2030 et en Australie dans les années 2040. Wilson a précisé :
« Conformément à l’intention commune d’avancer « à toute vapeur », les dirigeants ont reconnu le travail en cours pour fournir des infrastructures prioritaires et une augmentation de la main-d’œuvre à l’appui d’une base industrielle sous-marine trilatérale améliorée. »
Kingsley Wilson, secrétaire de presse du Pentagone
Enfin, le ministère de la Guerre a également pris des mesures pour renforcer la sécurité à la frontière sud. Le ministère de l’Intérieur transférera environ 2,83 kilomètres carrés (760 acres) de terres publiques en Californie à la Marine américaine pour une période de trois ans, afin de créer une cinquième zone de défense nationale pour soutenir les opérations de sécurité frontalière. Cette zone, située dans une région particulièrement fréquentée par les passages illégaux, permettra aux militaires d’exercer une plus grande autorité pour faire respecter la loi.
Par ailleurs, le ministère a inauguré la construction du nouveau quartier général du Commandement spatial américain à Huntsville, en Alabama. Cette relocalisation, annoncée en septembre par le président Trump, devrait créer plus de 30 000 emplois et attirer des centaines de milliards de dollars d’investissements dans l’État. Hegseth a souligné l’importance de cette décision :
« Le président Trump a compris l’importance du domaine spatial dès le début… Il est de bon sens que c’est précisément là que devrait se trouver le commandement spatial. »
Pete Hegseth, secrétaire à la Guerre
