Publié le 24 septembre 2025 10h00. La myélopathie spondylotique cervicale, une affection fréquente liée à l’usure de la colonne vertébrale, perturbe l’équilibre et la démarche des patients. Une nouvelle étude explore le lien entre le contrôle de la glycémie et l’amélioration de la pression plantaire après une intervention chirurgicale.
- La myélopathie spondylotique cervicale (MSC) est la cause la plus fréquente de dysfonctionnement de la moelle épinière.
- Les patients atteints de MSC présentent souvent des anomalies de la pression plantaire, avec une pression excessive au centre du pied et une pression réduite sur les côtés.
- Une chirurgie de décompression, comme la discectomie cervicale antérieure et la fusion (DCAF), est le traitement principal, mais l’impact du diabète sur la récupération postopératoire reste à déterminer.
La myélopathie spondylotique cervicale (MSC) est une affection neurologique progressive résultant d’une compression de la moelle épinière au niveau du cou. Cette compression est généralement causée par des modifications dégénératives de la colonne vertébrale cervicale, telles que des hernies discales, une ossification du ligament longitudinal postérieur ou une sténose du canal rachidien. Les premiers symptômes sont souvent discrets, mais une détérioration neurologique progressive finit par se manifester.
Les manifestations cliniques de la MSC sont variées et peuvent inclure un engourdissement des membres, une instabilité de la marche, des difficultés à réaliser des mouvements fins, une hyperréflexie (réflexes exagérés), une augmentation du tonus musculaire et des troubles de la proprioception (perception de la position du corps dans l’espace). Ces symptômes sont liés aux lésions axonales et à la démyélinisation (destruction de la gaine protectrice des nerfs) causées par la compression chronique de la moelle épinière. Des études récentes, notamment celles publiées en 2020 et 2021 1 et 2, confirment ces mécanismes.
Une étude antérieure 8 a révélé que les patients atteints de MSC présentent une répartition anormale de la pression sur la plante du pied, avec une pression médiale (au centre) plus élevée et une pression latérale (sur les côtés) réduite. Ce déséquilibre est attribué à un dysfonctionnement neuromusculaire secondaire à la perte de la sensibilité proprioceptive causée par la compression de la moelle épinière. L’analyse de la démarche pourrait ainsi constituer un outil objectif pour évaluer l’efficacité des traitements chirurgicaux et la progression de la rééducation, comme le suggèrent les travaux de Haddas et collègues en 2018 9.
La chirurgie de décompression, en particulier la discectomie cervicale antérieure et la fusion (DCAF), est la principale option thérapeutique pour la MSC. Cette intervention vise à soulager la compression de la moelle épinière et à restaurer la fonction neurologique. La DCAF permet d’éliminer les structures comprimantes, telles que les hernies discales et les éperons osseux, et de stabiliser la colonne vertébrale grâce à des dispositifs de fusion intervertébrale. Cela peut également améliorer le flux du liquide céphalo-rachidien et l’apport sanguin aux racines nerveuses 10, 11.
Le diabète sucré (DM), une comorbidité fréquente chez les patients atteints de MSC, peut compliquer la réparation vasculaire et nerveuse en raison d’une hyperglycémie chronique 12. L’hémoglobine glyquée (HbA1c), un indicateur du contrôle glycémique à long terme, est associée aux complications microvasculaires du diabète. Cependant, son influence sur l’amélioration de la pression plantaire après une chirurgie cervicale chez les patients atteints de MSC reste incertaine. La présente étude vise à déterminer si les taux d’HbA1c préopératoires sont corrélés aux changements postopératoires de la pression plantaire, afin de guider une prise en charge personnalisée des patients.

