Publié le 14 octobre 2025 à 13h51. Les marchés boursiers mondiaux ont connu une journée difficile, plombés par les tensions commerciales sino-américaines qui s’intensifient et des incertitudes politiques en Europe et au Japon.
- Les principales places boursières ont enregistré des baisses, notamment à New York, Francfort et Tokyo.
- La Chine a annoncé des sanctions contre des filiales américaines d’un constructeur naval sud-coréen, exacerbant les tensions commerciales.
- Des turbulences politiques en France et au Japon contribuent également à l’instabilité des marchés.
Les marchés financiers ont été ébranlés ce mardi par une nouvelle escalade dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Cette situation, conjuguée à des incertitudes politiques en France et au Japon, a entraîné une vague de ventes sur les principales places boursières mondiales.
À New York, l’indice S&P 500 a reculé de 0,5 % en début de séance. Si la majorité des valeurs de l’indice ont progressé, le repli des géants technologiques a pesé sur l’ensemble, annulant les gains observés dans d’autres secteurs. Le Dow Jones Industrial Average a perdu 76 points, soit 0,2 %, pour s’établir à 10h41, heure locale. Le Nasdaq Composite a quant à lui cédé 0,9 %.
L’annonce de sanctions chinoises contre des filiales américaines du constructeur naval sud-coréen Hanwha Ocean a particulièrement inquiété les investisseurs. Pékin interdit désormais aux entreprises chinoises de transiger avec cinq filiales du groupe, ce qui fragilise les efforts du président Donald Trump pour relancer l’industrie navale américaine.
« La Chine vient de transformer la construction navale en une arme »
Kun Cao, directeur exécutif adjoint du cabinet de conseil Reddal
Selon Kun Cao, cette décision signale que Pékin est prête à frapper les entreprises de pays tiers qui soutiennent Washington dans sa volonté de contrer la domination maritime chinoise.
Les actions de Hanwha Ocean ont chuté de 5,8 % à Séoul, et l’indice Kospi a perdu 0,6 % pour atteindre 3 561,81 points. La Corée du Sud et les États-Unis renforcent en effet leur coopération dans le domaine de la construction navale en réponse à la suprématie chinoise. Hanwha a acquis le chantier naval de Philadelphie, en Pennsylvanie, l’année dernière et a décroché des contrats avec la marine américaine pour la maintenance et la réparation de navires.
La Chine a déclaré être prête à « se battre jusqu’au bout » dans cette guerre commerciale avec les États-Unis, après que Donald Trump a annoncé l’imposition de droits de douane supplémentaires de 100 % sur les produits chinois. Cette décision, révélée vendredi sur les réseaux sociaux, fait suite à l’annonce par Pékin la semaine dernière de nouveaux contrôles à l’exportation dans le secteur stratégique des terres rares, où la Chine détient une position dominante. Plus d’informations sur l’escalade du conflit commercial.
Donald Trump a également annoncé que Washington imposera des contrôles à l’exportation sur tous les logiciels critiques à partir du 1er novembre. Cette nouvelle escalade a semé le doute quant à la tenue d’une éventuelle rencontre entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping en Corée du Sud.
En Europe, les marchés boursiers de la zone euro ont mené les pertes, avec une baisse de 1,5 % pour Francfort en milieu de séance. Paris a perdu 1,3 %, tandis que Londres a limité ses pertes à 0,6 %, soutenue par le recul de la livre sterling suite à des données décevantes sur l’emploi au Royaume-Uni, ce qui a profité aux entreprises multinationales.
À Tokyo, la Bourse a clôturé en baisse de 2,6 % après que les principaux partis d’opposition japonais ont accepté de tenir une réunion des dirigeants afin de trouver un candidat unifié pour défier le parti au pouvoir et tenter de le déloger. Cet accord intervient après l’effondrement de la coalition gouvernementale la semaine dernière, mettant en péril la candidature de Sanae Takaichi pour devenir la première femme Premier ministre du pays.
En France, le Premier ministre Sébastien Lecorn s’apprêtait à prononcer un discours crucial devant un Parlement divisé, alors que deux partis tentent déjà de renverser son gouvernement.
Sur le marché de l’énergie, le pétrole brut de référence américain a perdu 1,36 $, soit environ 2,3 %, pour atteindre 58,13 $ le baril. Le Brent, la référence internationale, a chuté de 1,37 $ à 61,93 $ le baril.
(Avec informations de l’Agence France-Presse et de l’Associated Press)
