Publié le 9 janvier 2026. Chaque année, le gouvernement péruvien donne un nom officiel à l’année en cours, une tradition discrète mais significative qui reflète ses priorités et ses ambitions pour les douze mois à venir.
- Depuis 1962, le Pérou attribue un nom officiel à chaque année, utilisé dans tous les documents administratifs.
- Cette tradition, initiée par Fernando Belaunde Terry, vise à orienter l’action publique et à fédérer la nation autour d’un objectif commun.
- Le nom de l’année 2026 n’a pas encore été officialisé, mais l’attente est palpable.
Une coutume qui pourrait sembler purement formelle est en réalité un outil de communication stratégique pour l’État péruvien. Dès le début de chaque année, une phrase particulière commence à apparaître dans les correspondances officielles, les résolutions et les documents administratifs à travers tout le pays. Il ne s’agit pas d’un simple formalisme, mais du « nom de l’année », une tradition qui accompagne la vie institutionnelle du Pérou depuis des décennies.
Cette pratique a été instaurée en 1962, sous le premier gouvernement de Fernando Belaunde Terry. Un décret du 7 décembre de la même année a officialisé cette disposition, bien que son application effective n’ait débuté qu’en 1963. Cette année-là a marqué une étape importante en devenant la première à porter un nom officiel : « Année de l’alphabétisation dans tout le pays », lançant ainsi une tradition qui perdure encore aujourd’hui.
Depuis lors, le nom de l’année est officiellement en vigueur du 1er janvier au 31 décembre et doit être utilisé par toutes les entités de l’État dans leur documentation. Les institutions privées peuvent également l’adopter, bien que cela ne soit pas obligatoire, afin de s’aligner sur le message institutionnel du pays.
Mais pourquoi cette tradition est-elle si importante ? Loin d’être une simple expression décorative, le nom officiel de l’année remplit une fonction symbolique et politique pertinente. Son objectif principal est de mettre en lumière les enjeux, les valeurs ou les objectifs que le gouvernement considère comme prioritaires pour une période donnée. Il fonctionne ainsi comme une déclaration de principes et une feuille de route qui cherche à guider l’action publique et à sensibiliser les citoyens.
Comme le souligne le portail Pérou.info, cette pratique est un mécanisme par lequel l’État cherche à « sensibiliser, orienter les politiques et fédérer la nation autour d’un objectif commun ». C’est pourquoi les noms de l’année sont généralement liés à des processus historiques, des réformes, des luttes sociales ou des commémorations clés pour le pays.
Au cours des plus de 60 ans d’existence de cette coutume, elle n’a été interrompue qu’à trois reprises : en 1969, 1975 et 1998, des années qui n’ont pas reçu de nom officiel. Au-delà de ces exceptions, la tradition a survécu aux changements de gouvernement, aux crises politiques et aux divers contextes économiques, se consolidant en tant que pratique institutionnelle de l’État péruvien.
La responsabilité de l’attribution du nom officiel incombe au Président de la République et au Conseil des Ministres. Pour le choisir, différents facteurs sont évalués, tels que les priorités nationales, le contexte politique et social, la situation internationale ou encore les dates commémoratives pertinentes. En 2021, par exemple, l’année a été baptisée « Année du bicentenaire du Pérou » en référence aux 200 ans d’Indépendance.
Une fois défini, le nom est officialisé par un décret suprême publié dans le bulletin des normes juridiques du Journal officiel Le Péruvien, généralement au cours des premiers jours de janvier.
Voici les noms officiels des dix dernières années :
- 2016 : Année de la consolidation du Mar de Grau.
- 2017 : Année du bon service aux citoyens.
- 2018 : Année du dialogue et de la réconciliation nationale.
- 2019 : Année de la lutte contre la corruption et l’impunité.
- 2020 : Année de l’universalisation de la santé.
- 2021 : Année du bicentenaire du Pérou : 200 ans d’indépendance.
- 2022 : Année du renforcement de la souveraineté nationale.
- 2023 : Année de l’unité, de la paix et du développement.
- 2024 : Année du bicentenaire, de la consolidation de notre indépendance et de la commémoration des batailles héroïques de Junín et Ayacucho.
- 2025 : Année de la reprise et de la consolidation de l’économie péruvienne.
À ce jour, le 9 janvier 2026, le nom de l’année n’a pas encore été officialisé. Le décret suprême qui établira son nom n’a pas encore été publié, et l’attente demeure. Comme chaque année, c’est au pouvoir exécutif qu’il reviendra d’annoncer la phrase qui accompagnera officiellement le pays au cours des douze prochains mois et qui, une fois de plus, cherchera à résumer l’orientation et les priorités du Pérou en une seule expression.

