L’ostéoporose, une maladie silencieuse qui fragilise les os et augmente le risque de fractures, touche de plus en plus de Français. Le nombre de patients diagnostiqués a augmenté de près de 25% entre 2020 et 2024, soulignant l’importance d’une prévention précoce et d’un suivi régulier.
Souvent qualifiée de « maladie silencieuse » en raison de l’absence de symptômes évidents dans ses premiers stades, l’ostéoporose se caractérise par une diminution de la densité osseuse, rendant les os plus susceptibles de se fracturer. Les fractures les plus courantes surviennent au niveau du poignet, de la colonne vertébrale et du fémur, souvent suite à une chute mineure ou même lors d’activités quotidiennes.
Selon le Service d’examen et d’évaluation de l’assurance maladie, 1 326 174 personnes ont été traitées pour l’ostéoporose en 2024, contre 1 054 892 en 2020. Cette augmentation reflète le vieillissement de la population, mais aussi une sensibilisation accrue à la maladie.
Plusieurs facteurs de risque sont associés à l’ostéoporose. Les femmes ménopausées sont particulièrement vulnérables en raison de la diminution des hormones féminines, qui accélère la résorption osseuse. Les hommes de plus de 70 ans, les personnes ayant un faible poids corporel ou ayant subi une perte de poids rapide, ainsi que les patients atteints de maladies chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde, les troubles thyroïdiens ou le diabète, présentent également un risque accru. L’utilisation prolongée de corticostéroïdes peut également affaiblir les os.
De manière surprenante, l’ostéoporose commence à se développer plus tôt qu’on ne le pense. Un régime alimentaire déséquilibré, pauvre en calcium et en protéines, une carence en vitamine D due à un manque d’exposition au soleil, le tabagisme et une consommation excessive d’alcool peuvent tous contribuer à affaiblir la santé osseuse, même chez les jeunes adultes. Il est crucial d’atteindre un « pic de masse osseuse » suffisant dans la vingtaine et la trentaine, car cela influence la densité osseuse future.
La prévention de l’ostéoporose repose sur des modifications du mode de vie. Une exposition quotidienne au soleil pendant 15 à 30 minutes permet de synthétiser la vitamine D. Un apport quotidien de 800 à 1 000 mg de calcium et de 800 à 1 000 UI de vitamine D peut également être bénéfique, en fonction des besoins individuels.
L’activité physique, en particulier les exercices de mise en charge comme la marche, la montée des escaliers et la musculation, contribue à maintenir la densité osseuse. Il est également important d’éviter le tabac et de limiter la consommation d’alcool.
Pour les personnes âgées, il est essentiel d’adapter leur environnement pour prévenir les chutes : éliminer les obstacles, assurer un éclairage suffisant et maintenir un espace de vie propre et dégagé.
« L’ostéoporose est une maladie pour laquelle la prévention est d’autant plus efficace qu’elle est précoce », explique le professeur Gu Bong-mo, orthopédiste à l’hôpital Ansan de l’université de Corée. « Il est donc idéal de prendre des habitudes de santé osseuse dès la vingtaine ou la trentaine, lorsque les os sont à leur plus fort. Les femmes ménopausées et les hommes de plus de 70 ans doivent particulièrement surveiller leur état osseux grâce à des tests réguliers de densité osseuse. »
