Une enquête a été ouverte contre PVR Inox par la Commission de la concurrence de l’Inde (CCI) pour des pratiques potentiellement anticoncurrentielles liées à la perception des frais de copie numérique virtuelle (FCN), communément appelés VPF. L’affaire a été déclenchée par des accusations de favoritisme envers les grands studios de production, laissant les producteurs indépendants désavantagés.
Le 30 septembre 2025, la CCI a ordonné une enquête approfondie sur les agissements de PVR Inox, suite à des plaintes dénonçant l’abus de position dominante de l’exploitant de salles de cinéma. L’enquête fait suite à un différend initial concernant le paiement des FCN pour le film Jolly LLB 3, dont les producteurs avaient refusé de s’acquitter de ces frais, entraînant une suspension temporaire de la prévente des billets par PVR Inox. Bien que le paiement ait finalement été effectué, il a été formulé « sous protestation », selon les termes des producteurs.
L’enquête de la CCI a révélé que PVR Inox avait conclu des accords spécifiques avec Yash Raj Films (YRF) et Viacom 18, incluant des « clauses de fin » prévoyant la suppression progressive des FCN à partir de décembre 2024. Ces accords auraient permis aux deux studios majeurs d’éviter ces frais pour leurs films sortant en 2025 et au-delà, tandis que des centaines de petits et moyens producteurs continuaient de les payer pour chaque sortie.
La Film and Television Producers’ Guild of India a dénoncé cette situation comme étant une discrimination flagrante, créant un système à deux vitesses où seuls quelques privilégiés en bénéficiaient. « Ces accords mettent en évidence la manière dont PVR utilise sa position dominante sur le marché pour favoriser les puissantes sociétés de production tout en refusant des concessions similaires aux autres », a souligné la guilde dans ses observations soumises à la CCI. Elle a également souligné que de telles pratiques contreviennent aux dispositions de la loi sur la concurrence, qui interdit d’imposer des conditions injustes et discriminatoires.
PVR Inox s’est défendu en affirmant que les clauses de fin pour YRF et Viacom n’avaient pas encore été mises en œuvre et étaient toujours soumises à renégociation. L’entreprise a également précisé que ces concessions ne seraient accordées que si Yash Raj et Viacom cessaient de payer les FCN à d’autres distributeurs et fournisseurs de copies numériques. PVR a justifié ces accords en expliquant qu’ils étaient une réponse à des offres similaires formulées par des concurrents tels que Cinepolis, afin d’éviter de perdre les films de ces studios.
L’enquête de la CCI pourrait avoir des conséquences importantes pour l’industrie cinématographique indienne. La Commission a constaté des preuves préliminaires de comportement discriminatoire de la part de PVR Inox, notant que si des studios majeurs comme YRF et Viacom 18 avaient négocié des accords spéciaux pour éliminer progressivement les FCN, des centaines de petits producteurs continuaient d’être facturés pour chaque sortie. En conséquence, des films tels que Saiyaara et War 2, produits par YRF et prévus pour 2025, auraient pu bénéficier d’une sortie sans FCN si ces accords avaient été mis en œuvre.
La CCI a chargé son Directeur Général de mener une enquête complète sur les pratiques de PVR Inox, dans le but de promouvoir une concurrence équitable dans le secteur de l’exhibition cinématographique et de garantir la transparence du système des FCN.
