Des diplomates iraniens et qatariens ont discuté mercredi à Doha de la mise en œuvre du protocole d’accord signé entre les États-Unis et l’Iran, selon un communiqué du ministère iranien des Affaires étrangères. Les discussions ont porté sur les défis de l’application du pacte, notamment le déblocage des avoirs gelés et la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz, rapporte Xinhua.
Dialogue entre l’Iran et le Qatar
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, et le premier ministre qatarien, le cheikh Mohammed ben Abderrahmane ben Jassim Al Thani, ont cherché à accélérer la mise en œuvre du protocole d’accord, notamment concernant la fin de la guerre au Liban, selon un communiqué du ministère iranien des Affaires étrangères. Des groupes de travail ont été mis en place pour suivre la mise en œuvre du protocole, bien que les négociations n’aient pas encore commencé, précise le communiqué.

La délégation iranienne à Doha inclut également des représentants de la Banque centrale et du ministère de l’Agriculture, selon Xinhua. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a indiqué que les pourparlers se concentreraient sur le déblocage des avoirs gelés, et qu’aucune rencontre n’avait été planifiée avec des responsables américains dans les jours à venir, selon le même communiqué.
Négociations indirectes et rôle des médiateurs
Des pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran se déroulent à Doha sous la médiation du Qatar et du Pakistan, selon une source bien informée citée par Xinhua. Les discussions portent principalement sur la mise en œuvre du protocole d’accord, notamment les questions liées aux avoirs iraniens gelés et à la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari, a déclaré que « A ma connaissance, aucune rencontre directe n’est programmée entre les deux parties (américaine et iranienne) dans les prochains jours », selon Medias24. L’Iran a confirmé l’envoi d’une « délégation d’experts » à Doha, dirigée par Kazem Gharibabadi, mais a exclu tout contact direct avec les responsables américains, a ajouté le porte-parole.
Tensions autour des exportations pétrolières et du détroit d’Ormuz
L’Iran a exporté « plus de 40 millions de barils de pétrole » depuis la levée du blocus, selon Mohammad Bagher Ghalibaf, chef de l’équipe de négociation, cité par Medias24. En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, « nous avions été dans l’impossibilité totale d’exporter ne serait-ce qu’un seul baril de pétrole », a-t-il observé.
Le détroit d’Ormuz reste un point de tension, avec des attaques récentes sur des navires et un ralentissement du trafic maritime, selon les données de Kpler. Un diplomate a indiqué à l’AFP que des « équipes techniques » américaines et iraniennes devaient se rencontrer pour parler de « la mise en œuvre du protocole d’accord », mentionnant que « les canaux de communication pour désamorcer les incidents sont opérationnels ».
Les États-Unis et l’Iran se sont à plusieurs reprises contredits depuis le début des discussions, avec des négociations se matérialisant subitement alors que la situation semblait dans l’impasse, selon Medias24.
Implications et prochaines étapes
Les négociations restent fragiles, avec l’Iran exigeant un droit de passage dans le détroit d’Ormuz, une mesure rejetée par les États-Unis. Les discussions sur le déblocage des avoirs gelés et la sécurité maritime devraient déterminer la suite du processus, selon les analystes.

Le rôle des médiateurs qatariens et pakistanais reste crucial, mais le manque de contacts directs entre Washington et Téhéran continue de ralentir l’avancement des pourparlers. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la stabilité du protocole d’accord et sa capacité à réduire les tensions régionales.
Les tensions au Liban, où Israël a poursuivi ses frappes malgré l’accord-cadre signé à Washington, ajoutent une couche supplémentaire de complexité au processus de négociation, selon Medias24.
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