Las Vegas est devenu le théâtre d’une révolution technologique où l’intelligence artificielle (IA) s’impose comme le fil conducteur de tous les secteurs, des automobiles aux appareils domestiques. Le Consumer Electronics Show (CES), événement phare de l’industrie, confirme une fois de plus sa capacité à anticiper les tendances et à façonner l’avenir de la technologie.
L’omniprésence de l’IA est frappante. Roland Busch, PDG de Siemens, illustre cette accélération fulgurante : « Il a fallu 60 ans pour que la vapeur s’installe, 30 ans pour l’électricité, 15 ans pour les ordinateurs et Internet. Nous parlons maintenant de cinq à sept ans pour l’IA. » L’entreprise allemande a d’ailleurs annoncé au CES une alliance stratégique avec Nvidia, visant à développer un système d’exploitation basé sur l’IA pour la fabrication et le développement.
Nvidia, fabricant des processeurs graphiques indispensables aux programmes d’IA, est au centre de toutes les convoitises. Presque toutes les entreprises présentes à Las Vegas cherchent à collaborer avec le géant de la puce. Cette effervescence témoigne de l’importance croissante de l’IA dans tous les domaines.
L’évolution de l’IA ne se limite pas au logiciel. Le CES met en avant ce que l’on appelle « l’IA incorporée », une intelligence artificielle profondément intégrée dans des systèmes physiques tels que les robots et les véhicules. Contrairement à l’IA purement logicielle, cette nouvelle génération est capable d’interagir directement avec le monde réel, d’entendre, de voir et de réagir.
Des voitures et des robots véritablement autonomes pourraient ainsi devenir une réalité dans les années à venir, bien que les prototypes présentés à Las Vegas nécessitent encore plusieurs années de développement avant d’être commercialisés. La confiance des consommateurs est un enjeu majeur. Les « hallucinations » de l’IA, bien que parfois anodines, pourraient avoir des conséquences désastreuses dans le cas de véhicules autonomes.
Mikell Taylor, responsable de la stratégie robotique chez General Motors, a illustré ce défi avec un exemple concret : un robotaxi Zoox s’est récemment arrêté à un passage piéton à Las Vegas, laissant les piétons perplexes. Pour instaurer la confiance, les robots doivent être « transparents dans leur pensée et leurs mouvements », selon Carolina Parada de Google DeepMind, afin que les utilisateurs sachent à quoi s’attendre.
Parmi les innovations présentées au CES, on note un masque facial de L’Oréal, qui promet de raffermir et de lisser la peau grâce à une lumière rouge ciblée et une lumière proche infrarouge. Ce masque LED devrait être disponible en 2027. Un robot compagnon, Jennie, conçu pour ressembler à un chiot Labrador de huit semaines et destiné aux personnes âgées, notamment celles atteintes de démence, a également attiré l’attention. Son prix est estimé à 1 500 $ (environ 1 380 €).
D’autres objets plus surprenants ont fait leur apparition, comme une machine à glaçons dotée d’une IA pour minimiser le bruit, un couteau vibrant à 30 000 vibrations par seconde, ou encore une sucette dont le bâton intègre un module électronique diffusant de la musique exclusive. Le CES a également vu le retour de certains classiques, comme un clavier inspiré des BlackBerry, pour les amateurs de nostalgie.
Le Consumer Electronics Show, qui fêtera son 60e anniversaire l’année prochaine, a déjà été le théâtre de nombreuses innovations majeures, de l’enregistreur VHS à la console de jeux NES de Nintendo, en passant par le jeu Tetris. Aujourd’hui, l’accent est mis sur l’IA, une technologie qui pourrait bien transformer notre quotidien plus rapidement que jamais.
