Publié le 31 octobre 2025 à 03h45. L’administration américaine envisage des frappes ciblées contre des infrastructures militaires vénézuéliennes soupçonnées d’être utilisées pour le trafic de drogue, une escalade de la pression exercée sur le régime de Nicolás Maduro, accusé de narcoterrorisme.
- Les États-Unis ont identifié des aéroports et des ports contrôlés par l’armée vénézuélienne comme cibles potentielles.
- L’administration Trump accuse Maduro de diriger un « narco-État » et d’inonder les États-Unis de drogue, des allégations que le Venezuela conteste.
- Le Venezuela dispose de systèmes de défense aérienne sophistiqués, notamment des systèmes russes S-300, et évoque la possession de milliers de missiles Igla-S.
Washington intensifie sa campagne de pression sur le Venezuela en envisageant des actions militaires directes contre des infrastructures clés. Selon des sources proches du dossier, citées par le Wall Street Journal, des aéroports et des ports contrôlés par l’armée vénézuélienne, soupçonnés d’être utilisés pour le trafic de drogue, ont été identifiés comme des objectifs potentiels. Ces frappes, si elles étaient ordonnées par le président Donald Trump, viseraient à envoyer un message clair à Nicolás Maduro et à le pousser à la démission.
Parallèlement à cette menace militaire, l’administration américaine a lancé une offensive de communication accusant Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de trafic de drogue. Des responsables américains ont qualifié le Venezuela de « centre d’activité terroriste » et affirmé que le régime collaborait avec des cartels, sans toutefois fournir de preuves tangibles à l’appui de ces allégations. Le secrétaire d’État, Marco Rubio, a ainsi déclaré :
« Il existe au Venezuela un narco-État dirigé par un cartel. Il s’agit d’une opération contre les narcoterroristes, Al-Qaïda de l’hémisphère occidental… Et il faut s’en occuper. »
Marco Rubio, secrétaire d’État (cité par le Wall Street Journal)
Cette escalade intervient alors que la marine américaine intensifie ses opérations de lutte contre le trafic de drogue dans les Caraïbes et dans le Pacifique oriental. L’administration Trump se concentre particulièrement sur la crise du fentanyl, bien que les experts soulignent qu’il n’existe aucune preuve que le Venezuela produise ou trafique cet opioïde. Anna Kelly, porte-parole de la Maison Blanche, a affirmé :
« Le président Trump a été clair dans son message à Maduro : arrêtez d’envoyer de la drogue et des criminels dans notre pays. Le président est prêt à utiliser tous les éléments de la puissance américaine pour empêcher la drogue d’inonder notre pays. »
Anna Kelly, porte-parole de la Maison Blanche (cité par le Wall Street Journal)
Sur le plan militaire, les États-Unis déploient des moyens considérables dans la région. Outre la présence de plus de six navires de guerre, le Pentagone a envoyé son porte-avions le plus avancé ainsi que des navires de guerre supplémentaires dans les Caraïbes. Des missions de bombardiers B-52 et B-1 ont également été menées près de la côte vénézuélienne afin d’évaluer les défenses du pays.
Le Venezuela, de son côté, se prépare à une éventuelle intervention. L’armée vénézuélienne dispose de systèmes de défense aérienne sophistiqués, notamment entre quatre et six systèmes S-300 de fabrication russe, ainsi que des systèmes portables. Maduro a affirmé que son pays possède pas moins de 5 000 missiles Igla-S, capables de contrer les avions militaires américains :
« Toute force militaire dans le monde connaît la puissance de l’Igla-S… pour garantir la paix, la stabilité et la tranquillité de notre peuple. »
Nicolás Maduro, président du Venezuela
L’arrivée récente à Caracas d’un avion sanctionné par les États-Unis pour ses liens avec des activités militaires russes illicites soulève également la possibilité d’un renforcement du soutien russe aux forces vénézuéliennes en cas d’attaque. Certains alliés de Trump suggèrent déjà que Maduro devrait envisager de fuir le pays, comme l’a déclaré le sénateur Rick Scott : « Si j’étais Maduro, j’irais maintenant en Russie ou en Chine. »
