Publié le 2024-11-02 18:35:00. La diarrhée du voyageur, un problème de santé fréquent chez les personnes se déplaçant à l’étranger, devient de plus en plus difficile à traiter en raison de la montée en puissance de bactéries résistantes aux antibiotiques, selon une nouvelle étude internationale. Cette résistance varie considérablement selon les régions du monde.
- Une étude publiée dans JAMA Network Open révèle une augmentation de la résistance aux antibiotiques chez les bactéries responsables de la diarrhée du voyageur.
- La résistance bactérienne varie considérablement en fonction du pays et du type de bactérie impliquée.
- Les chercheurs recommandent de baser le traitement sur des tests de laboratoire pour lutter contre cette résistance croissante.
La diarrhée du voyageur, caractérisée par des selles liquides et d’autres troubles intestinaux, affecte de nombreux voyageurs. Or, le traitement de cette affection se complique, car les bactéries à l’origine de ces infections développent une résistance accrue aux médicaments traditionnellement utilisés pour les combattre.
Une récente étude, parue dans JAMA Network Open, a mis en évidence cette tendance inquiétante. Les chercheurs ont analysé des échantillons provenant de 859 personnes ayant contracté une diarrhée aiguë après un voyage international dans 103 pays différents, entre 2015 et 2022. Ces échantillons ont été prélevés dans 58 centres spécialisés en médecine tropicale et en santé des voyageurs.
L’étude a révélé une variabilité significative de la résistance aux antibiotiques selon les régions du monde. Ainsi, 75 % des échantillons de Campylobacter, 32 % de Salmonella non typhoïde, 22 % de Shigella et 18 % d’Escherichia coli se sont avérés résistants aux fluoroquinolones. La résistance aux macrolides, une autre classe d’antibiotiques, était également préoccupante, atteignant 12 % pour Campylobacter, 16 % pour Salmonella et 35 % pour Shigella. En Amérique du Sud, une proportion alarmante de 78 % des souches de Shigella était insensible aux macrolides.
L’équipe de recherche, dirigée par Bhawana Amatya de l’Hôpital CIWEC au Népal, et en collaboration avec des spécialistes d’Espagne, du Canada, d’Australie, des États-Unis et d’Italie, a souligné l’importance d’une surveillance mondiale de la résistance bactérienne. Le travail a bénéficié du soutien du réseau de surveillance GéoSentinelle et du ministère italien de la Santé.
Les chercheurs ont identifié 26 cas de Campylobacter résistants à la fois aux fluoroquinolones et aux macrolides, ainsi que deux cas présentant une résistance extrême. Ils recommandent vivement de réaliser des cultures de selles et des tests de sensibilité aux antibiotiques chez les voyageurs internationaux afin de guider le traitement et de suivre l’évolution de la résistance bactérienne.
Selon l’étude, jusqu’à 88 % des personnes voyageant dans d’autres pays peuvent être touchées par la diarrhée du voyageur, en particulier dans les régions tropicales. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà alerté sur la résistance croissante des micro-organismes responsables de ces infections aux antibiotiques essentiels, tels que les fluoroquinolones et les macrolides.
Les chercheurs insistent sur la nécessité d’une utilisation rationnelle des antibiotiques et d’un accès facilité aux tests de laboratoire pour préserver l’efficacité des traitements et protéger la santé des voyageurs.
