Home SantéUne thérapie expérimentale à base d’ARN messager de Harvard et du MIT a réussi à rajeunir le système immunitaire

Une thérapie expérimentale à base d’ARN messager de Harvard et du MIT a réussi à rajeunir le système immunitaire

by Sophie Martin

Publié le 19 décembre 2025 à 19h52. Des chercheurs de Harvard et du MIT ont réussi pour la première fois à inverser le vieillissement du système immunitaire chez des animaux âgés grâce à une thérapie innovante basée sur l’ARN messager, ouvrant la voie à de nouvelles approches pour renforcer les défenses immunitaires des personnes âgées.

  • Une équipe scientifique a inversé la détérioration du système immunitaire chez des animaux âgés.
  • La thérapie utilise l’ARN messager pour transformer le foie en une « usine biologique » temporaire.
  • Cette avancée pourrait conduire à de nouvelles thérapies pour renforcer les défenses immunitaires des personnes âgées.

Une percée scientifique majeure vient de se produire aux États-Unis : des chercheurs de l’Université Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont annoncé avoir réussi à inverser les effets du vieillissement sur le système immunitaire chez des animaux âgés. Cette découverte, publiée dans la prestigieuse revue Nature, ouvre des perspectives prometteuses pour le développement de nouvelles thérapies visant à améliorer la santé des personnes âgées.

Le système immunitaire, véritable bouclier de l’organisme, a tendance à s’affaiblir avec l’âge, rendant les individus plus vulnérables aux infections, aux maladies auto-immunes et même à certains cancers. Les chercheurs ont mis au point une approche novatrice basée sur l’utilisation de molécules d’ARN messager (ARNm). Cette technique permet de transformer le foie en une sorte d’« usine biologique » temporaire, capable de produire des molécules essentielles dont la production diminue avec l’âge.

En administrant cet ARNm aux animaux âgés, les scientifiques ont observé une revitalisation du système immunitaire, avec une augmentation de la production de lymphocytes T, des cellules clés dans la réponse immunitaire. Le processus est réversible et ne semble pas entraîner d’effets secondaires indésirables, ce qui constitue un avantage majeur.

« Si nous pouvons restaurer quelque chose d’aussi essentiel que le système immunitaire, nous espérons pouvoir aider les gens à rester plus longtemps en bonne santé », a déclaré le Dr Feng Zhang, professeur de neurosciences au MIT, également affilié à l’École de médecine de Harvard et à l’Institut médical Howard Hughes.

Cette recherche est le fruit d’un travail collaboratif mené par Mirco Friedrich, Julie Pham, Jiakun Tian et Feng Zhang, entre autres membres de l’équipe. Les chercheurs ont identifié trois molécules – Notch, FLT3-L et IL-7 – dont la production diminue avec l’âge et qui sont cruciales pour la formation de nouvelles cellules immunitaires. Ils ont ensuite conçu une thérapie à base d’ARNm pour stimuler la production de ces molécules dans le foie.

Selon le Dr Silvia Sookoian, chercheur principal au Conseil national de la recherche scientifique et technique (CONICET) en Argentine, et hépatologue à l’Université Maïmonide de Buenos Aires, cette étude s’intéresse à un phénomène biologique lié au vieillissement, appelé immunosénescence. « Les chercheurs ont identifié les médiateurs de l’immunité qui diminuent avec l’âge et ont utilisé la technologie de l’ARNm, similaire à celle des vaccins contre la COVID-19, pour transformer le foie en une ‘usine’ produisant ces facteurs déficients », explique-t-elle.

Bien que prometteuse, cette approche nécessite encore de nombreuses études avant de pouvoir être appliquée chez l’homme. Les chercheurs soulignent la nécessité de mener des essais cliniques rigoureux pour évaluer la sécurité et l’efficacité de cette thérapie, et pour s’assurer qu’elle ne provoque pas d’effets indésirables. Ils envisagent également de combiner cette technique avec d’autres approches pour ralentir le vieillissement du système immunitaire de manière plus globale.

Des essais cliniques préliminaires utilisant l’ARNm pour traiter des maladies du foie sont déjà en cours, ce qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles applications thérapeutiques dans le domaine de l’immunologie.

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