Publié le 2 novembre 2025 à 15h17. New York est au bord d’une élection municipale atypique, où un candidat progressiste musulman, Zohran Mamdani, défie les figures établies et suscite l’attention au-delà des frontières de la ville.
- Zohran Mamdani, candidat démocrate, est donné favori par les sondages, devançant l’ancien gouverneur Andrew Cuomo et le républicain Curtis Sliwa.
- L’ancien président Donald Trump a qualifié Mamdani de « communiste », alimentant un débat politique polarisé.
- La campagne s’articule autour du coût de la vie, de la criminalité et de la gestion des relations avec l’administration fédérale.
Les New-Yorkais sont appelés aux urnes ce mardi pour choisir leur prochain maire, dans une course qui a pris une tournure inattendue. Zohran Mamdani, un jeune élu de l’Assemblée législative de l’État de New York, se présente comme une alternative progressiste et semble séduire un électorat en quête de changement.
Selon les derniers sondages de l’Université Quinnipiac, réalisés du 23 au 27 octobre, Mamdani recueille 43 % des intentions de vote, suivi par Andrew Cuomo (33 %) et Curtis Sliwa (14 %). Cuomo, ancien gouverneur de l’État, se présente comme candidat indépendant après avoir perdu les primaires démocrates, tandis que Sliwa, fondateur du groupe d’autodéfense Guardian Angels, incarne la droite conservatrice.
La campagne a été marquée par des échanges virulents, notamment les attaques de Donald Trump contre Mamdani. L’ancien président américain a qualifié le candidat démocrate de « communiste », une accusation qui a suscité l’indignation de ses partisans et relancé le débat sur les clivages politiques aux États-Unis.
Les enjeux de cette élection sont multiples. Les candidats doivent répondre aux préoccupations des New-Yorkais concernant le coût de la vie, la criminalité et la gestion des relations avec l’administration fédérale. Ils doivent également se positionner sur des questions cruciales telles que le logement, l’éducation et l’environnement.
L’ascension de Mamdani témoigne d’un profond malaise au sein du Parti démocrate, tiraillé entre ses factions progressistes et centristes. La gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, a participé à un rassemblement en faveur de Mamdani le 26 octobre, mais a été interrompue par des chants réclamant une taxation plus élevée des riches.
Mamdani a dénoncé la rhétorique islamophobe de ses adversaires et a souligné l’importance de lutter contre les préjugés.
« Il y a un sentiment anti-musulman qui est devenu tellement endémique dans cette ville »,
Zohran Mamdani, candidat à la mairie de New York
Les données du Conseil des élections de New York révèlent que 275 006 électeurs démocrates ont déjà voté, contre 46 115 républicains et 42 383 électeurs non affiliés, lors des cinq premiers jours du vote anticipé, qui se termine le 2 novembre.
L’engagement des jeunes électeurs est un facteur clé de cette élection. Mamdani bénéficie d’un fort soutien de la jeunesse, qui voit en lui un porte-parole de leurs préoccupations.
« Quand je pense à Zohran, je pense à ce que Bernie Sanders était pour de nombreux Américains en 2016 et 2020. C’est mon Bernie Sanders, à bien des égards »,
Abid Mahdi, jeune électeur du Queens
Dans les derniers jours de la campagne, les candidats ont intensifié leurs efforts pour mobiliser leurs partisans. Sliwa a diffusé une vidéo de rap surréaliste, tandis que Cuomo a cherché à séduire les électeurs noirs et musulmans en campagne à Harlem aux côtés de l’actuel maire, Eric Adams.


