Publié le 15 décembre 2025 à 15h34. L’administration Trump met fin aux programmes de regroupement familial pour plusieurs nationalités latino-américaines et caribéennes, une décision qui pourrait affecter des centaines de milliers de personnes et marque un revirement majeur dans la politique migratoire américaine.
- Fin des programmes de parole pour les ressortissants de Colombie, Cuba, Équateur, du Salvador, du Guatemala, d’Haïti et du Honduras.
- Les personnes bénéficiant actuellement de ces programmes verront leur autorisation de séjour expirer le 14 janvier 2026.
- Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) justifie cette décision par des préoccupations liées à la fraude et à la sécurité nationale.
Un coup dur pour les familles séparées par la frontière. L’administration américaine a annoncé la fin définitive des programmes de regroupement familial (PRF), un dispositif d’immigration humanitaire qui permettait à des citoyens de sept pays d’entrer temporairement aux États-Unis afin de rejoindre leurs proches en attendant la résolution de leurs procédures d’immigration. Cette décision, formalisée par un avis publié au Registre fédéral, met fin aux programmes modernisés mis en place en 2023 ainsi qu’aux demandes en cours.
Selon les données du Migration Policy Institute, jusqu’en 2024, près de 59 000 personnes originaires de Colombie, de Cuba, d’Équateur, du Salvador, du Guatemala, d’Haïti et du Honduras avaient bénéficié de ces mesures. La fin de ces programmes affecte également les citoyens cubains et haïtiens qui bénéficiaient de dispositifs spécifiques créés en 2007 et 2014 respectivement.
Le DHS justifie cette décision par la nécessité de lutter contre la fraude, les failles dans les procédures de vérification et les risques pour la sécurité nationale. Il s’agit d’un changement radical par rapport à la politique menée sous la présidence de Joe Biden, qui avait élargi ces voies d’entrée légales pour les familles. En juillet 2023, l’administration Biden avait annoncé l’extension du parole regroupement familial aux citoyens de Colombie, du Salvador, du Guatemala et du Honduras, suivie d’une mise à jour des processus existants pour les Cubains et les Haïtiens. L’objectif était alors de proposer une alternative légale à l’immigration irrégulière, souvent dangereuse.
Les personnes déjà présentes aux États-Unis grâce à ces programmes et dont l’autorisation de séjour est toujours valide verront celle-ci expirer le 14 janvier 2026. Le DHS a précisé qu’il informera individuellement chaque personne concernée. L’avis publié par les Services de citoyenneté et d’immigration (USCIS) prévoit deux exceptions : les demandeurs ayant déposé une demande d’ajustement de statut (formulaire I-485) avant le 15 décembre 2025 et dont la demande est toujours en cours, et les cas où la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, décidera, après examen individuel, de ne pas révoquer le parole.
Ceux qui ne relèvent pas de ces exceptions et ne disposent d’aucune autre base légale pour rester aux États-Unis devront quitter le pays avant la date d’expiration de leur autorisation. Le DHS a mis en place l’application CBP Home pour faciliter le processus de départ volontaire et a indiqué qu’une aide financière et des facilités pour l’obtention de documents de voyage pourraient être proposées dans certains cas.
Dans sa déclaration, le gouvernement américain a affirmé que cette décision visait à revenir à l’intention initiale du Congrès concernant l’utilisation du parole. La fin de ces programmes marque donc un tournant dans la politique migratoire américaine, après une période d’assouplissement sous l’administration Biden.
