Le magnat de l’acier Lakshmi Narayan Mittal, figure emblématique de la richesse britannique pendant près d’une décennie, quitte le Royaume-Uni pour s’installer à Dubaï, une décision qui intervient alors que Londres se prépare à une augmentation de la fiscalité pour les plus fortunés.
Selon des sources proches de sa famille, citées par le Sunday Times, Mittal, dont la fortune est estimée à 15,4 milliards de livres sterling (20,17 milliards de dollars américains), passera désormais la majeure partie de son temps à Dubaï, où il possède déjà une résidence et a acquis des terrains sur l’île de Naïa. Il est déjà résident fiscal en Suisse.
Ce départ s’inscrit dans un mouvement plus large d’expatriation de milliardaires britanniques. Mittal rejoint ainsi le magnat norvégien du transport maritime John Fredriksen, déjà installé à Dubaï, et l’investisseur allemand Christian Angermayer, qui a choisi la Suisse. Angermayer a qualifié les nouvelles règles fiscales britanniques de « coup fatal ».
Herman Narula et Nik Storonsky, les cofondateurs des entreprises technologiques Improbable et Revolut, ont également exprimé leurs préoccupations concernant les modifications fiscales et ont choisi de s’installer à Dubaï.
La décision de Mittal intervient alors que la chancelière Rachel Reeves s’apprête à présenter un nouveau budget visant à combler un déficit de 20 milliards de livres sterling (26,2 milliards de dollars américains) dans les finances publiques. Des augmentations de l’impôt sur les plus-values, une réduction des allégements fiscaux pour les entrepreneurs et de nouvelles taxes sur la transmission d’entreprises familiales sont envisagées.
Une taxe de sortie de 20 % pour ceux qui quitteraient le Royaume-Uni a également été évoquée, mais un conseiller proche de la famille Mittal a précisé que ce n’était pas l’impôt sur le revenu ou les plus-values qui motivait ce départ.
« Le véritable problème réside dans les droits de succession, » a-t-il expliqué au Sunday Times. « De nombreuses personnes fortunées étrangères ne comprennent pas pourquoi tous leurs actifs, où qu’ils se trouvent dans le monde, devraient être soumis aux droits de succession britanniques. Elles se sentent alors obligées de partir, avec tristesse ou colère. »
Les droits de succession peuvent atteindre 40 % au Royaume-Uni, alors qu’ils sont inexistants à Dubaï et en Suisse.
