Publié le 17 mai 2024. L’ambitieux programme indonésien « 10 New Balis », visant à diversifier les destinations touristiques au-delà de Bali et de Jakarta, peine à décoller, malgré un intérêt croissant en ligne. Le principal obstacle ne serait pas la connectivité, mais la stratégie de promotion des autorités.
- Le ministère du Tourisme reconnaît que l’augmentation des recherches en ligne pour les dix destinations prioritaires ne se traduit pas par une hausse significative du nombre de visiteurs.
- Les données révèlent que Jakarta et Bali concentrent encore 81 % du trafic international, tandis que les dix autres destinations ne captent que 3,75 % des arrivées directes.
- Des experts estiment que la promotion de ces destinations par les autorités centrales et régionales est le principal frein au développement touristique.
Lancée en 2015 sous la présidence de Joko Widodo, l’initiative « 10 New Balis » avait pour objectif de reproduire le succès touristique de Bali dans l’ensemble de l’archipel indonésien. Le programme mettait en avant des sites emblématiques tels que le temple de Borobudur (Java central), Mandalika (NTB), Labuan Bajo (NTT) et le lac Toba (Sumatra nord).
Un rapport récent du ministère du Tourisme, publié le 2 décembre, souligne un faible rapport entre le volume de recherches en ligne et le nombre réel de visiteurs. Si des pays comme le Japon, l’Inde, la Chine, la Russie, les États-Unis et l’Allemagne manifestent un intérêt certain, ce dernier ne se concrétise pas en nombre de touristes. Selon le rapport, ce décalage indique que la connectivité directe vers ces destinations reste limitée, empêchant la conversion de l’intérêt en visites effectives.
Les données de la société Amadeus, spécialisée dans les technologies de voyage, confirment cette tendance. En octobre dernier, Jakarta et Bali ont accueilli 81 % du trafic international, tandis que les dix destinations prioritaires, réunies, n’ont enregistré que 3,75 % des arrivées directes.
« Cet écart signifie que la répartition des touristes vers les destinations prioritaires dépend fortement des correspondances via Jakarta et Bali », précise le rapport.
Les experts pointent du doigt une stratégie de promotion inefficace. Plutôt que de se concentrer sur l’amélioration de la connectivité, ils estiment qu’il est crucial de revoir la manière dont les autorités centrales et régionales présentent ces destinations aux touristes potentiels.
