Publié le 8 décembre 2025 à 22h48. L’engouement pour les véhicules chinois au Mexique semble s’essouffler, avec une chute significative des ventes observée sur les onze premiers mois de l’année, malgré une légère croissance globale du marché automobile.
- Les ventes de voitures chinoises ont chuté au Mexique, avec des baisses allant jusqu’à 77,6 % pour certaines marques.
- MG Motor, leader du marché chinois au Mexique, a vu ses ventes annuelles diminuer de 14,7 %.
- L’incertitude liée à la politique commerciale américaine et les potentielles nouvelles taxes douanières pourraient accentuer ce ralentissement.
Jusqu’à récemment, le marché automobile mexicain était témoin d’une arrivée massive de constructeurs automobiles chinois. Plus de 20 marques asiatiques, dont MG Motor, Chirey, GWM et JAC, avaient fait leur apparition, dynamisant l’offre pour les consommateurs. Cependant, cette tendance semble désormais s’inverser.
Selon le Registre Administratif de l’Industrie Automobile des Véhicules Légers, les ventes de voitures chinoises ont connu une baisse générale entre janvier et novembre 2025, contrastant avec une légère progression du marché automobile mexicain dans son ensemble. L’Institut National de la Statistique et de la Géographie (Inegi) a en effet rapporté la vente de 1,37 million de voitures neuves dans le pays sur cette période, soit une augmentation de 0,96 %.
La baisse des ventes est particulièrement marquée pour certaines marques. Chirey a enregistré une chute de 77,6 %, tandis que MotorNation a vu ses ventes diminuer de 72,7 %. Même MG Motor, la marque chinoise la plus populaire au Mexique en termes de volume de ventes, n’a pas échappé à cette tendance, avec une baisse annuelle de 14,7 %. L’entreprise a vendu 43 708 nouvelles unités contre 51 244 l’année précédente.
Gabriela Siller, directrice de l’analyse économique de Banco Base, estime que cette contraction est liée aux incertitudes entourant la politique tarifaire du président américain Donald Trump.
« Cette baisse des ventes de voitures neuves s’inscrit dans un contexte de crainte face à la politique protectionniste de Donald Trump, qui vise essentiellement une guerre commerciale avec la Chine. »
Gabriela Siller, directrice de l’analyse économique de Banco Base
La spécialiste anticipe également un avenir complexe pour le secteur. Elle rappelle que le gouvernement mexicain, par le biais du Ministère de l’Économie, dirigé par Marcelo Ebrard, étudie la possibilité d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 50 % sur les importations de voitures en provenance de Chine.
« Par conséquent, les pièces détachées pour ces véhicules deviendront plus chères, et l’on craint un protectionnisme accru de la part des États-Unis qui pourrait empêcher, par exemple, les voitures achetées au Mexique mais d’origine chinoise, d’être exportées vers les États-Unis, ou qui pourrait conduire à l’arrêt de leur vente au Mexique, soulevant des questions sur la disponibilité des pièces de rechange », a-t-elle prévenu.
