Publié le 7 novembre 2025 à 14h22. Un patient de 60 ans a subi une infection oculaire rare et agressive après une blessure à l’œil causée par des éclats de bois lors de l’utilisation d’une tronçonneuse, nécessitant une intervention chirurgicale complexe et un traitement antifongique prolongé.
- Un homme de 60 ans a été hospitalisé pour une infection oculaire sévère suite à une blessure par éclats de bois.
- L’infection était causée par un champignon rare, Rhizopus arrhizus, ainsi que par des bactéries pathogènes.
- Le patient a nécessité une intervention chirurgicale pour retirer les tissus infectés et a été traité avec succès par antifongiques et antibiotiques.
Hospitalisé suite à des douleurs et une perte de vision progressive de l’œil droit, le patient présentait également un écoulement purulent important. L’origine de ses problèmes remonte à une blessure survenue dix jours plus tôt, lorsqu’il utilisait une tronçonneuse pour couper du bois. Des éclats de bois avaient pénétré dans son œil droit, entraînant une infection rapidement évolutive. L’examen médical a révélé un gonflement important de la paupière supérieure, un œdème conjonctival et une congestion oculaire. Une lacération était visible sur la conjonctive, accompagnée de lésions sclérales et de la perte de structures cornéennes et intraoculaires.
Les analyses biologiques ont confirmé un diabète mal contrôlé, avec un taux d’hémoglobine glyquée de 11,7 % et une glycémie de 16,5 mmol/L (soit 300 mg/dL). Des marqueurs d’inflammation systémique étaient également élevés, notamment une protéine C-réactive à 54,67 mg/L et une vitesse de sédimentation érythrocytaire à 87 mm/h. Un léger déficit en potassium (3,14 mmol/L) a également été constaté.
Une intervention chirurgicale d’urgence a été réalisée le jour de l’admission pour drainer et retirer les tissus oculaires infectés. L’analyse des prélèvements a révélé la présence d’hyphes fongiques, de coques à Gram positif et de bacilles à Gram négatif. Un traitement antibiotique et antifongique a été immédiatement instauré, comprenant de l’insuline pour contrôler la glycémie, de la ceftazidime et de la lévofloxacine en collyre.
Trois jours après son admission, les cultures ont identifié le champignon responsable de l’infection comme étant Rhizopus arrhizus, confirmé par un séquençage de l’ADN. Des cultures bactériennes ont également isolé Pseudomonas aeruginosa et Enterococcus faecalis. Des tests de sensibilité ont montré que Rhizopus arrhizus était sensible à l’amphotéricine B, tandis que les bactéries étaient sensibles à la pipéracilline-tazobactam et à l’ampicilline, respectivement.
Le traitement antifongique a été renforcé avec de l’amphotéricine B liposomale, tandis que la ceftazidime a été remplacée par de la pipéracilline/tazobactam pour une meilleure couverture antibactérienne. Au dixième jour d’hospitalisation, l’œdème et les écoulements oculaires avaient considérablement diminué. Cependant, en raison de la nature invasive du champignon, une imagerie par résonance magnétique (IRM) a révélé des lésions importantes affectant la graisse rétrobulbaire, les muscles oculaires et le nerf optique.
Une seconde intervention chirurgicale a été réalisée pour retirer l’ensemble du contenu orbital, y compris la graisse, les muscles, la sclère résiduelle et le nerf optique. Le septum orbital a été réparé et une reconstruction a été effectuée. Le patient a reçu de la tobramycine dexaméthasone en pommade ophtalmique après l’opération. L’analyse des tissus retirés a confirmé la présence du champignon et de la bactérie Enterococcus faecalis.
Après 15 et 21 jours d’hospitalisation, les prélèvements de drainage se sont avérés négatifs. Au bout d’un mois, l’état du patient s’était considérablement amélioré et il a pu rentrer chez lui, poursuivant le traitement par amphotéricine B. Des épisodes d’hypokaliémie ont nécessité une supplémentation en potassium. Aucune anomalie hépatique ou rénale n’a été observée.
Quarante jours de traitement supplémentaire ont été administrés à domicile, avec des gouttes oculaires de natamycine et des capsules d’ésaconazole. Une IRM de suivi a montré une résorption significative des lésions oculaires. La glycémie à jeun était revenue à 6,34 mmol/L (114 mg/dL) et l’hémoglobine glycosylée à 6,3 %. Le déroulement clinique complet du traitement est détaillé dans la figure 4.
