Publié le 2 décembre 2025 à 20h47. General Motors a déposé un brevet pour un nouveau moteur à deux temps à allumage commandé, ravivant un intérêt croissant pour cette technologie autrefois délaissée, notamment pour les véhicules hybrides rechargeables.
Les moteurs à deux temps, longtemps considérés comme obsolètes dans l’automobile en raison de leur consommation d’huile et de leurs émissions polluantes, connaissent un regain d’attention de la part des ingénieurs. Leur principal avantage réside dans une puissance spécifique plus élevée pour une cylindrée donnée, grâce à une combustion à chaque tour de vilebrequin, contrairement aux moteurs à quatre temps.
L’entreprise américaine General Motors a récemment breveté un moteur à deux temps innovant pour automobiles, doté d’un système d’admission et d’échappement à commande électronique. Le dépôt de brevet remonte à un an, mais les documents relatifs à son acceptation ont été rendus publics il y a quelques jours seulement.
Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large. En septembre 2025, Volvo a également déposé un brevet pour un moteur à deux temps destiné aux camions, combinant un système d’échappement classique avec des soupapes d’admission et d’échappement, typiques des moteurs à quatre temps. L’objectif était d’améliorer le freinage moteur tout en adaptant la technologie aux normes modernes.
Plus tôt, en mai 2025, une équipe d’ingénieurs américains avait présenté le REV Force, un moteur à deux temps moderne qui ne consomme plus d’huile grâce à une refonte de sa construction et à la possibilité d’utiliser des carburants synthétiques. Ils ont notamment supprimé le collecteur d’admission classique du circuit des gaz et de l’huile, permettant une lubrification plus efficace.
Le nouveau moteur GM se distingue par une approche originale : il conserve les orifices traditionnels dans les parois des cylindres, mais utilise un système de double paroi. Le mouvement de la paroi extérieure permet de contrôler l’ouverture et la fermeture de ces orifices, optimisant ainsi le processus de combustion.
Le principal défi des moteurs à deux temps traditionnels réside dans l’échappement de carburant non brûlé lors de l’ouverture des orifices, ce qui affecte les émissions. Le moteur GM résout ce problème grâce à un mécanisme à commande électronique qui régule précisément le moment d’ouverture des soupapes, garantissant une combustion plus complète.
Grâce à cette conception, la lubrification est similaire à celle des moteurs à quatre temps, l’huile ne participant pas à la combustion. Le moteur conserve les avantages cycliques des moteurs à deux temps, notamment leur densité de puissance élevée. De plus, le contrôle électronique en temps réel des fermetures des ports permet d’adapter le fonctionnement du moteur à la demande et au régime, à l’instar des systèmes VVT-i de Toyota.
GM a breveté la conception générale du moteur, précisant qu’elle pourrait être adaptée à différents nombres de cylindres et architectures, y compris des moteurs boxer. Ces derniers, en raison de leur faible hauteur, pourraient être particulièrement intéressants pour les plateformes de voitures électriques, servant de prolongateur d’autonomie, comme l’a déjà fait le constructeur chinois BYD avec ses modèles Yangwang.
Bien que polyvalent, ce moteur pourrait également trouver sa place dans d’autres applications, notamment les tout-terrains, où les moteurs à deux temps offrent des avantages en termes d’adhérence et de réactivité. Cependant, GM envisage en priorité de l’intégrer dans des véhicules hybrides rechargeables, offrant ainsi une solution innovante pour prolonger l’autonomie sans les inconvénients traditionnels des moteurs à deux temps.
L’objectif est de proposer des véhicules électrifiés qui peuvent occasionnellement faire appel à ce moteur à deux temps sous le capot, sans émettre la fumée bleutée caractéristique de ces moteurs d’autrefois.

