Publié le 22 octobre 2025 12h00. La Chine a déployé une nouvelle barrière flottante près du haut-fond de Scarborough, un atoll contesté en mer de Chine méridionale, exacerbant les tensions avec les Philippines et suscitant des inquiétudes quant à la liberté de navigation dans la région.
Pékin a installé une barrière flottante bloquant l’entrée de la lagune du haut-fond de Scarborough, selon des images satellite récentes. La présence de cette barrière a été signalée par plusieurs experts et observateurs, notamment Luke Fischer, PDG et cofondateur de SkyFi, une application américaine de données satellite, qui a partagé l’information sur les réseaux sociaux.
« De nouvelles images satellite montrent une barrière flottante illégale installée par la République populaire de Chine à l’embouchure de Scarborough Shoal », a écrit Luke Fischer sur les réseaux sociaux.
L’image, capturée par Satellogic, une société géospatiale basée à Montevideo, en Uruguay, et analysée par le projet de transparence SeaLight, date du 8 octobre. Ray Powell, expert en sécurité maritime et directeur de SeaLight, a souligné qu’il ne s’agissait pas d’un événement isolé. Selon lui, cette barrière vise clairement à restreindre l’accès au haut-fond.
« Il s’agissait simplement d’une photo particulièrement frappante prise depuis l’espace. L’intention claire, cependant, est de restreindre l’accès au haut-fond. »
Ray Powell, expert en sécurité maritime et directeur du projet de transparence SeaLight
Le haut-fond de Scarborough, situé en mer de Chine méridionale, est au cœur d’un différend territorial entre la Chine, les Philippines, le Vietnam et d’autres pays de la région. La Chine revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, une voie maritime stratégique riche en ressources naturelles. Les Philippines, quant à elles, ont contesté ces revendications devant un tribunal international, qui a donné raison à Manille en 2016. La Chine n’a toutefois pas reconnu cette décision.
Cette nouvelle installation intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Pékin et Manille, notamment après des incidents impliquant des navires chinois et philippins dans la zone contestée. Des exercices navals conjoints entre les États-Unis et les Philippines se sont d’ailleurs achevés récemment, ce qui pourrait expliquer la réaction de la Chine.
