Publié le 27 novembre 2023 14:35. Plusieurs professionnels de la santé ont été jugés aux Pays-Bas pour avoir exercé avec de faux diplômes, révélant une faille préoccupante dans le système de vérification des qualifications et mettant en danger la sécurité des patients.
- Des individus ont travaillé pendant des années dans des établissements de santé, notamment avec des patients vulnérables, sans les qualifications requises.
- Les peines prononcées varient de travaux d’intérêt général à des peines de prison avec sursis.
- L’affaire met en lumière une augmentation significative des fraudes aux diplômes dans le secteur de la santé.
Un homme identifié comme Hicham E. a été condamné après avoir admis avoir travaillé pendant plusieurs années comme surveillant pour des personnes polyhandicapées et dans un service de soins intensifs au sein de l’établissement Heeren Loo, sans posséder le diplôme requis en travail socio-pédagogique. Il a reconnu que son poste impliquait des responsabilités importantes, notamment l’administration de médicaments et la décision d’immobiliser des patients.
L’affaire a été révélée suite à un signalement interne de l’établissement de santé. Le ministère public a souligné que les actions de M. E. avaient mis en danger la sécurité et le bien-être de personnes particulièrement vulnérables, et a requis six mois de prison, dont deux avec sursis. Le suspect a déclaré :
« J’ai travaillé sans diplôme, c’est stupide de ma part. »
Hicham E.
Il a cependant nié avoir falsifié le document, affirmant qu’il était passé par une agence de soins.
M. E. a obtenu un diplôme en 2022 et travaille désormais comme conseiller personnel en soins de santé. Il craint que sa condamnation ne lui fasse perdre son Certificat de Bonne Conduite (VOG), indispensable à l’exercice de sa profession.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large d’augmentation des fraudes aux diplômes dans le secteur de la santé. En 2022, RTL Nieuws a révélé une hausse considérable du nombre de professionnels de la santé arrêtés pour utilisation de faux diplômes. Une enquête conjointe de l’Inspection de la santé et de la jeunesse (IGJ), de la police et de l’Inspection du travail, menée en juin dernier, a révélé que des centaines de personnes exerçaient dans le secteur de la santé sans les qualifications ou les certificats de bonne conduite nécessaires. Les autorités ont qualifié cette situation de « danger majeur pour la qualité et la sécurité des soins ».
D’autres suspects ont également été jugés. Mohamed K., 37 ans, a été acquitté faute de preuves de l’utilisation d’un faux diplôme. Un troisième suspect a été condamné à 180 heures de travaux d’intérêt général après avoir reconnu avoir falsifié un diplôme suite à la perte de son entreprise pendant la crise du coronavirus. Il a travaillé dans cinq établissements de santé en deux ans et exprime aujourd’hui un profond regret. Il est désormais diplômé et poursuit ses études. Un quatrième suspect a également écopé de 180 heures de travaux d’intérêt général et de deux mois de prison avec sursis pour avoir travaillé pendant 2,5 ans avec un faux diplôme de soins de santé. Miloud T., 24 ans, travaille désormais dans le secteur de la technologie automobile.
Ces affaires soulignent la nécessité de renforcer les contrôles et les vérifications des qualifications dans le secteur de la santé afin de garantir la sécurité des patients et la qualité des soins.
