Publié le 29 septembre 2025 13h48. Une étude menée auprès de près de 4 000 femmes a révélé un lien significatif entre la densité mammaire et le risque de cancer du sein, avec des différences notables selon l’origine ethnique. Ces résultats pourraient affiner les stratégies de dépistage et de prévention.
- La densité mammaire, qu’elle soit évaluée par la méthode standard BI-RADS ou par des mesures volumétriques automatisées, est associée à un risque accru de cancer du sein.
- Cette association est plus forte chez les femmes noires que chez les femmes blanches, notamment en ce qui concerne la densité mammaire hétérogène.
- L’indice de masse corporelle (IMC) influence également cette relation, un ajustement pour l’IMC renforçant les associations observées.
Des chercheurs ont analysé les données de deux études cas-témoins imbriquées portant sur des femmes âgées de 35 ans et plus ayant subi une mammographie numérique entre 2008 et 2017, dans les établissements de santé de l’Université de Pennsylvanie et de la Mayo Clinic. L’objectif était d’évaluer l’impact de la densité mammaire sur le risque de cancer du sein invasif.
L’étude a inclus 1 013 femmes diagnostiquées avec un cancer du sein invasif et 2 686 témoins appariés. La densité mammaire a été évaluée à l’aide de deux méthodes : l’échelle BI-RADS (Breast Imaging Reporting and Data System), une classification visuelle établie par un radiologue, et une mesure volumétrique automatisée réalisée grâce au logiciel Volpara™. Ce dernier logiciel calcule la densité mammaire volumétrique en se basant sur l’épaisseur du tissu dense à chaque pixel de l’image de mammographie. Radiography a publié une revue systématique et une méta-analyse sur la corrélation des mesures automatisées de la densité mammaire.
Les résultats ont démontré que la densité mammaire, mesurée par les deux méthodes, est significativement associée à un risque accru de cancer du sein, tant chez les femmes noires que chez les femmes blanches. Cependant, l’étude a révélé des différences importantes entre les deux groupes ethniques. Les femmes noires étaient moins susceptibles d’avoir une densité mammaire hétérogène ou extrêmement dense selon l’évaluation BI-RADS, mais présentaient un volume dense moyen plus élevé. Engmann et al. (2017) ont étudié la proportion du risque attribuable à des facteurs de risque cliniques du cancer du sein.
L’analyse statistique, utilisant la régression logistique conditionnelle, a montré que l’ajustement pour l’IMC renforçait les associations entre la densité mammaire et le risque de cancer du sein. Plus précisément, l’association était plus marquée pour la densité BI-RADS et la densité volumétrique en pourcentage après ajustement pour l’IMC. De plus, la densité BI-RADS était plus fortement associée au risque de cancer du sein chez les femmes noires (odds ratio de 2,06) que chez les femmes blanches (odds ratio de 1,55). Cette différence était statistiquement significative (p = 0,04).
Une analyse secondaire a exploré l’association entre la densité mammaire et le risque de cancer du sein en fonction de l’âge, de l’obésité (IMC supérieur à 30 kg/m2) et du temps écoulé depuis le diagnostic. Les résultats ont suggéré que l’association entre la densité mammaire et le risque de cancer du sein était plus forte chez les femmes noires de moins de 55 ans et chez les femmes noires obèses.
Cette étude souligne l’importance de tenir compte de la densité mammaire dans l’évaluation du risque de cancer du sein et met en évidence la nécessité de recherches supplémentaires pour comprendre les différences ethniques dans cette association. Ces découvertes pourraient contribuer à personnaliser les stratégies de dépistage et de prévention du cancer du sein, en particulier pour les femmes noires.
Les analyses statistiques ont été réalisées à l’aide de SAS version 9.4. Le seuil de signification statistique a été fixé à 0,05 pour tous les tests.
