Publié le 24 décembre 2025 à 20h20, heure de l’Inde. Le ministère de l’Environnement indien a ordonné aux États de l’Haryana, du Rajasthan et du Gujarat de suspendre l’attribution de nouveaux permis miniers dans la chaîne de l’Aravalli, en attendant l’élaboration d’un plan de gestion durable pour cette région montagneuse cruciale.
- Le ministère de l’Environnement a demandé aux États concernés d’appliquer strictement la décision de la Cour suprême concernant l’exploitation minière dans l’Aravalli.
- Le Conseil indien de la recherche et de l’enseignement forestiers (ICFRE) est chargé d’élaborer un plan de gestion pour une exploitation minière durable, identifiant les zones exploitables et les zones écologiquement sensibles.
- Cette décision intervient après des critiques croissantes concernant l’ouverture potentielle de vastes zones de l’Aravalli à l’exploitation minière.
Le ministère de l’Environnement a émis mercredi des instructions aux secrétaires en chef de l’Haryana, du Rajasthan et du Gujarat, leur demandant de mettre en œuvre la décision de la Cour suprême qui bloque l’octroi de nouveaux permis d’exploitation minière dans la chaîne de l’Aravalli jusqu’à ce qu’un plan de gestion complet soit finalisé. Les mines existantes, disposant déjà d’autorisations, pourront poursuivre leurs activités, à condition de respecter scrupuleusement les normes environnementales en vigueur.
Parallèlement, le ministère a sollicité l’expertise du Conseil indien de la recherche et de l’enseignement forestiers (ICFRE), un organisme scientifique rattaché au ministère, pour élaborer un plan de gestion visant à une exploitation minière durable. Ce plan devra identifier les zones où l’exploitation minière sera autorisée, ainsi que celles considérées comme écologiquement sensibles, cruciales pour la conservation et prioritaires pour la restauration. Dans ces dernières, l’exploitation minière ne serait autorisée que dans des circonstances exceptionnelles. Aucune échéance n’a été fixée pour la réalisation de cette étude.
Cette initiative intervient dans un contexte de vives critiques de la part des défenseurs de l’environnement et de préoccupations concernant l’ouverture potentielle de vastes étendues de la chaîne de l’Aravalli à l’exploitation minière. Le ministère de l’Environnement a souligné que ce travail de l’ICFRE permettra d’élargir la couverture des zones protégées et interdites à l’exploitation minière.
La question de la définition uniforme de la chaîne de l’Aravalli, applicable à tous les États et territoires de l’Union, reste un défi. Un comité d’experts a recommandé l’adoption d’un critère commun, basé sur une altitude de « 100 mètres au-dessus du relief local », déjà en vigueur au Rajasthan depuis le 9 janvier 2006. La chaîne de l’Aravalli est également définie comme un ensemble de reliefs situés dans un rayon de 500 mètres autour de deux collines adjacentes d’une hauteur minimale de 100 mètres. Tous les reliefs situés à l’intérieur de cette zone de 500 mètres, quelle que soit leur hauteur et leur pente, seraient exclus de toute considération pour l’attribution de permis miniers, selon un porte-parole du ministère de l’Environnement.
Le gouvernement ne dispose pas encore d’un inventaire précis du nombre de collines concernées par cette définition. Une étude réalisée en 2010 par le Forest Survey of India estimait que seulement 8 % des quelque 12 000 collines dépassent les 100 mètres et pourraient donc être potentiellement exploitées.
« Il s’agit d’une tentative de rattrapage qui ne trompera personne. Ce sont des déclarations de bonnes intentions, mais la redéfinition dangereuse de plus de 100 millions d’Aravallis – rejetée par le Forest Survey of India, le comité central mandaté par la Cour suprême et l’amicus curiae de la Cour suprême – reste inchangée. »
Jairam Ramesh, porte-parole du Parti du Congrès
