Publié le 16 janvier 2024 à 20h05. Des tensions internes au sein des All Blacks pourraient être à l’origine du départ de Scott Robertson, l’entraîneur emblématique, suscitant des interrogations sur l’état d’esprit de l’équipe nationale de rugby.
- La légende du rugby néo-zélandais, Justin Marshall, critique ouvertement l’attitude actuelle des joueurs.
- Des rumeurs persistantes évoquent un mécontentement profond d’Ardie Savea, pilier de l’équipe, envers la culture instaurée par Scott Robertson.
- L’ancien entraîneur Ian Foster avait également connu des difficultés similaires, soulevant des questions sur la responsabilité des joueurs dans les changements d’encadrement.
L’éviction de Scott Robertson, annoncé récemment, a secoué le monde du rugby néo-zélandais. Si le président de New Zealand Rugby, David Kirk, a démenti une implication directe des joueurs dans cette décision, l’absence de soutien clair de certains membres de l’équipe à l’entraîneur est indéniable. Des sources proches de l’équipe affirment qu’Ardie Savea, l’un des joueurs les plus influents, était « très mécontent » de l’ambiance générale au sein du groupe.
Justin Marshall, ancien demi de mêlée des All Blacks, n’a pas hésité à pointer du doigt un possible problème d’attitude chez les joueurs. Il évoque un climat de défiance et une tendance à rejeter la faute sur l’entraîneur en cas de difficultés.
« Le temps des lancers de grenades, y a-t-il un peu de pourriture dans ce vestiaire ? Il y a beaucoup d’All Blacks expérimentés au sein de cette équipe. »
Justin Marshall, légende du rugby néo-zélandais
Il rappelle que le mandat d’Ian Foster, prédécesseur de Robertson, avait également été marqué par des tensions et des remises en question, impliquant souvent les mêmes joueurs expérimentés.
Marshall s’interroge sur la capacité des joueurs à assumer leurs responsabilités, notamment en évitant les erreurs évitables en match.
« Y a-t-il un léger problème avec le fait que si les choses deviennent un peu trop dures et un peu trop difficiles, et que l’entraîneur commence à s’appuyer sur eux, ils jettent leurs jouets hors du lit ? En tant que joueurs, nous devons à un moment donné assumer la responsabilité de ce qui se passe sur le terrain. »
Justin Marshall, légende du rugby néo-zélandais
Il souligne que l’entraîneur ne peut pas contrôler les erreurs individuelles, comme les passes manquées ou les ballons lâchés sans raison.
Jeff Wilson, ancien ailier des All Blacks, a nuancé les propos de Marshall, estimant que l’entraîneur a également un rôle à jouer dans la confiance des joueurs. Il explique que les erreurs peuvent être le résultat d’un manque de conviction dans le plan de match.
« Lorsque vous faites des erreurs, c’est parfois parce que vous n’avez pas confiance à 100 pour cent dans le plan de match. Je pense qu’il arrive souvent que les joueurs se remettent en question. »
Jeff Wilson, ancien ailier des All Blacks
Il insiste sur l’importance de la communication et de la responsabilité partagée, tout en reconnaissant que certains joueurs doivent s’interroger sur leur propre contribution.
Wilson conclut que le départ de Scott Robertson ne signifie pas nécessairement qu’il était un mauvais entraîneur, mais plutôt que la collaboration n’a pas fonctionné. Quinze entraîneurs potentiels ont déjà été évoqués pour succéder à Robertson et tenter de redresser la situation des All Blacks.
Certains observateurs vont même jusqu’à demander le renvoi d’Ardie Savea, estimant qu’il doit également assumer les conséquences de cette crise.
