Publié le 16 novembre 2023. Une étude internationale révèle que la dépression double le risque de décès et multiplie par dix le risque de suicide, soulignant l’urgence d’une intervention précoce et d’un traitement adapté.
- La dépression augmente significativement le risque de mortalité, non seulement par suicide, mais aussi par maladies cardiovasculaires, diabète et cancers.
- Le risque de décès est particulièrement élevé dans les 180 jours suivant le diagnostic de dépression.
- Les traitements médicamenteux et la neurostimulation peuvent réduire considérablement les taux de mortalité chez les personnes souffrant de dépression.
La dépression est bien plus qu’une simple affliction psychologique : elle représente un véritable danger pour la santé physique et la survie. Une méta-analyse exhaustive, menée par le Département de psychiatrie de l’École de médecine clinique de la Faculté de médecine LKS de l’Université de Hong Kong (HKUMed), a mis en évidence l’impact dévastateur de cette maladie sur l’espérance de vie.
L’étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue internationale Psychiatrie mondiale, a analysé les données de plus de 10 millions de personnes souffrant de dépression à travers le monde, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Chine (y compris Hong Kong), à Singapour et en Corée. Les chercheurs ont constaté que la dépression double le taux de mortalité global et augmente de manière alarmante le risque de suicide, le multipliant par dix.
Selon le professeur Chang Wing-chung, président et professeur clinicien du département de psychiatrie de HKUMed, « La dépression est associée à un large éventail de causes naturelles de décès, probablement dues à des facteurs sous-jacents communs tels que des habitudes de vie malsaines, notamment le tabagisme, l’inactivité physique, une alimentation déséquilibrée, une mauvaise gestion des problèmes de santé et le non-respect des traitements. » Ces facteurs, explique-t-il, augmentent les risques de maladies physiques et peuvent également compliquer la prise en charge de la dépression, aggravant ainsi le risque de décès.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 332 millions de personnes sont touchées par la dépression dans le monde (environ 4 % de la population mondiale), avec des conséquences profondes sur la santé mentale et physique. L’étude de HKUMed a révélé que le risque de mortalité chez les personnes souffrant de dépression est particulièrement élevé dans les 180 jours suivant le diagnostic, avec un risque 11 fois supérieur à celui de la population générale.
Les personnes souffrant de dépression psychotique présentent un risque de mortalité 61 % plus élevé que celles atteintes de dépression non psychotique. De même, les patients souffrant de dépression résistante au traitement ont un risque de décès accru de 27 %. L’âge et le sexe jouent également un rôle : les jeunes femmes de moins de 25 ans souffrant de dépression présentent un risque de mortalité six fois plus élevé, tandis que chez les personnes de plus de 60 ans, ce risque est multiplié par 13.
Heureusement, l’étude souligne l’importance cruciale d’un traitement précoce et adapté. L’utilisation de médicaments antidépresseurs réduit le risque global de mortalité d’environ 20 %, tandis que la neurostimulation (électroconvulsivothérapie) permet de réduire ce risque de près de 30 %. Les traitements antidépresseurs semblent particulièrement bénéfiques chez les patients souffrant également de maladies physiques.
« Ces résultats montrent que la dépression n’est pas simplement un problème de santé mentale, mais un problème majeur de santé publique étroitement lié à de graves risques pour la santé. Même si la dépression augmente le risque de suicide et de décès dû à des maladies physiques, il s’agit d’une maladie traitable et il existe des opportunités évidentes de prévention et d’intervention. Un traitement opportun et approprié peut sauver des vies »,
Professeur Chang Wing-chung, président et professeur clinicien du département de psychiatrie, École de médecine clinique, HKUMed
Les experts appellent à une prise de conscience collective et à un renforcement des efforts d’identification et d’intervention précoces. La dépression représente un fardeau sociétal important, affectant non seulement la qualité de vie des personnes touchées et de leurs familles, mais également l’économie dans son ensemble. Une collaboration mondiale est donc essentielle pour relever ce défi de santé publique.
Note : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas un avis médical. Veuillez toujours consulter un professionnel de la santé qualifié avant de commencer tout nouveau traitement ou de modifier votre régime de soins.
